«Les
Algériens libres, les intellectuels,
les artistes, les travailleurs, les chômeurs
et les associations citoyennes doivent se
ranimer pour sauver l’Algérie du
déclin et du danger totalitaire et
s’impliquer dans la vie publique et créer
un sursaut démocratique national».
Ce sont là les recommandations du
Comité pour les libertés qui
lance une campagne nationale de collecte
de signatures et prend à témoin
l’opinion internationale, les partisans
de la liberté et les démocrates
dans le monde pour soutenir les luttes citoyennes
pour le respect des libertés en Algérie.
L’acharnement
judiciaire continue de sévir au quotidien.
Mohamed Benchicou est devenu plus qu’un
symbole d’une liberté d’expression
que l’on veut par tous les moyens museler.
Son incarcération il y a tout juste
un an a ouvert la voie à de nombreuses
et lourdes condamnations de journalistes
et organes de presse. Son message transmis
hier par son frère Mokhtar Benchicou
et adressé à tous les Algériens
libres avait de l’effet sur les présents
: «Restez la voix de ceux qui n’en
ont pas, laissez la troupe de supplétifs
philosopher avec les bourreaux. Après
une année d’incarcération,
je puis vous confirmer que la prison est
impuissante à enfermer les esprits
libres.» Il couronnera son message
en soulignant : «On peut bien risquer
de ne plus jouir soi-même de la liberté
s’il ‘agit de préserver celle des
autres, de ceux qu’on aime, de leur épargner
la déchéance définitive
de la servitude. Nos enfants méritent
de vivre dans la lumière.»
Un message porteur d’espoir et d’optimisme
perçu en cette date symbolique comme
un signe d’encouragement pour la continuité
du combat. Par ailleurs, l’appel citoyen
pour la défense de la liberté
a été lancé pour que
le 14 juin soit consacré journée
nationale des libertés. Cette même
journée a coïncidé avec
la commémoration des martyrs du 14
juin 2001, Nedjma Fadela, Adel Rezouk, Djamel
Saïdani et d’autres journalistes qui
ont perdu la vie pour cette liberté
tant réprimée. En cette journée
commémorative, l’appel citoyen pour
la défense des libertés a
été lancé à
l’intention du président de la République
pour libérer le directeur du Matin
ainsi que les citoyens détenus arbitrairement.
Les signataires de cet appel rappellent
les pouvoirs publics à leur obligation
quant au respect du pluralisme politique,
syndical et médiatique garanti par
la Constitution. Le bureau national du Mouvement
démocratique et social (MDS), dans
un communiqué diffusé hier
à la Maison de la presse à
l’occasion du rassemblement organisé
par le Comité Benchicou pour les
libertés, rappelle la marche pacifique
du 14 juin 2001 qui «n’avait pas abouti
à El- Mouradia et avait été
réprimée par le sang»
et insiste sur le fait que «Mohamed
Benchicou soit soumis à une logique
du pouvoir bâtie sur la prédation
et le compromis ». Le MDS appelle
«les forces politiques et démocratiques
à exiger la libération immédiate
de Mohamed Benchicou et la cessation de
toutes les persécutions dont est
victime la presse algérienne».
Le 14 juin est désormais consacré
journée nationale des libertés
en dépit des voies de la répression
que le pouvoir excelle d’inventer car il
y aura toujours des voix qui s’élèveront
contre ces condamnations et trouveront échos
pour que vive la liberté d’expression
en Algérie. Mohamed Benchicou nous
donne rendez-vous pour d’autres printemps.
Ilhem
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