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Spécial Juin 2004 - Juin 2005

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Liberté de la presse en Algérie


 Notre solidarité agissante avec Mohamed Benchicou

Liberté de la presse

Semaine noire pour la presse algérienne

Six mois de prison ferme pour "offense" à l'encontre d'un journaliste du Soir et son directeur. Idem pour Dilem, le caricaturiste de Liberté, auteur d'un dessin brocardant les généraux. Ils font appel.

Entre la libération de Florence Aubenas et l'élection jeudi de l'écrivain algérien Assia Djebar à l'Académie française, la nouvelle est passé presque inaperçue: les journalistes algériens ont connu mardi 14 juin une journée noire, marquée par la lourde condamnation de trois d'entre eux pour diffamation et offense au chef de l'Etat, des délits de presse inscrits depuis plus de quatre ans dans un amendement au code pénal algérien.
Le journaliste du quotidien Le Soir d'Algérie, Kamel Amarni, a été condamné à six mois de prison ferme, alors que le directeur du journal, Fouad Boughanem, a écopé de deux mois de prison ferme pour offense au chef de l'Etat, a fait savoir leur avocat, Me Khaled Bourayou.
En outre, le caricaturiste du quotidien Liberté, Dilem, a été condamné à six mois de prison ferme pour une caricature mettant en cause des officiers de l'armée, sur plainte du ministère de la Défense, a ajouté Me Bourayou.

Amendes
Les accusés ont également été condamnés à des amendes de 250.000 dinars (2.500 euros). Liberté devra payer un million de dinars (10.000 euros) et Le Soir d'Algérie 10,5 millions de dinars (105.000 euros), selon la même source.
"Ce sont des peines très lourdes", s'est indigné Me Bourayou à la fin de l'audience. "Jamais la presse algérienne n'a été aussi lourdement condamnée que durant ces 10 derniers mois", a-t-il ajouté.
Me Bourayou a indiqué que la défense des trois jounalistes allait faire appel de ces condamnations. L'appel est suspensif de la peine, a-t-il précisé.

Journalistes cibles
Les démêlés de la presse privée algérienne avec les autorités, notamment le président Abdelaziz Bouteflika, remontent à l'arrivée de celui-ci à la tête de l'Etat pour son premier mandat en 1999.
M. Bouteflika avait déclaré lors de la campagne électorale de l'élection d'avril 2004 que "le mal que cette presse a fait au pays est comparable à celui des terroristes, et nous ne pouvons dialoguer avec ceux qui versent de l'huile par la plume assassine".
"Les journalistes de cette presse ne sont pas des nationalistes, s'ils sont des nationalistes alors je ne le suis pas. Je les renie", avait-il martelé lors d'un meeting.
Malgré la fin du monopole sur la presse en 1989, l'Etat garde le contrôle de la télévision, de la radio et de plusieurs journaux publics. L'ouverture au privé promise et tant attendue de l'audiovisuel tarde à se concrétiser.

En prison
Cinq journalistes du quotidien algérien Le Matin, qui a cessé de paraître depuis le 24 juillet 2004, avaient été condamnés le 19 avril dernier par un tribunal d'Alger à des peines allant de deux à trois mois de prison ferme pour diffamation.
Les journalistes Abla Chérif et Hassane Zerrouky ont été condamnés à deux mois de prison ferme sur plainte de l'homme d'affaires émirati, Mohamed Ali Chorafa, à la suite de la publication, en 2002, d'articles dénonçant son implication dans des malversations financières lors de l'attribution de marchés publics de la téléphonie mobile en Algérie.
Youcef Rezzoug et Yasmine Ferroukhi, deux autres journalistes, ont été condamnés à trois mois de prison ferme pour diffamation dans une affaire qui les opposait au ministre de l'Energie et des mines, Chakib Khelil, à la suite d'un article sur la revente, jugée douteuse, d'immeubles appartenant à la société publique d'hydrocarbures Sonatrach.
Le directeur du Matin, Mohamed Benchicou, qui purge depuis juin 2004 une peine de deux ans de prison ferme, a été également condamné aux mêmes peines dans ces deux affaires. Mohamed Benchicou a été condamné le 14 juin 2004 à la suite d'une plainte du ministère des Finances pour "infraction régissant le contrôle des changes et les mouvements des capitaux", après la découverte de bons de caisses dans ses bagages à l'aéroport d'Alger, en août 2003. Sa peine a été confirmée en appel, en août 2004.
Le directeur du groupe de presse Er-Raï El-Am, Mohamed Benaoum, est également en prison à Oran (ouest) depuis juillet 2004 pour diffamation.

 

 © Le Nouvel Observateur, juin 2005

Le Collectif pour la liberté de la presse en Algérie



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