La
Fédération internationale
des journalistes a lancé aujourd’hui,
lors d’une conférence de presse organisée
à Bruxelles, un nouvel appel pour
la libération de Mohamed
Benchicou et la dépénalisation
des délits de presse en Algérie.
« Ce
14 juin est une date symbole pour l’ensemble
des journalistes harcelés, opprimés
et emprisonnés par leurs gouvernements »
a déclaré Bertrand Ginet,
Responsable de Programmes à la FIJ.
« Mohamed Benchicou
est une figure de la presse algérienne,
dont nous demandons expressément
la libération immédiate. Le
fait qu’il ait à « célébrer »
aujourd’hui sa première année
d’emprisonnement démontre combien
les principes de l’Etat de droit ont été
dévoyés en Algérie ».
Mohamed
Benchicou,
le Directeur de publication du Matin,
a été condamné, il
y a un an, à deux années d’emprisonnement
pour « infraction à la
réglementation de change »
après la découverte de bons
de caisse libellés en dinars dans
ses bagages à l’aéroport d’Alger
en août 2003. En fait, cette parodie
de justice cache difficilement une logique
d’inquisition, visant à faire taire
l’une des critiques les plus virulentes
du système algérien. M.
Benchicou
avait été notamment très
engagé dans la campagne présidentielle,
rédigeant un pamphlet intitulé
« Bouteflika, l’imposture algérienne ».
«
L’affaire Benchicou
est le fruit d’un système politico-judiciaire
dépravé, qui
organise désormais chaque mardi une
parodie de justice visant à mettre
en prison d’autres journalistes»,
a déclaré Nadir Benseba, coordinateur
exécutif du bureau de la FIJ à
Alger. « Nous appelons non seulement
à la libération de Benchicou
mais aussi à la dépénalisation
des délits de presse en Algérie
».
Le
Parlement européen a adopté
le 8 juin dernier une résolution
qui est venu apporter une crédibilité
et un poids supplémentaires à
la campagne internationale demandant la
libération de Benchicou
et l’arrêt immédiat des poursuites
judiciaires menaçant les autres journalistes.
Hélène
Flautre, Présidente de la Sous-Commission
des droits de l’Homme au Parlement européen,
est venue témoigner de son engagement
en faveur du respect de la liberté
d’expression et des droits de l’Homme en
Algérie. « La résolution
du Parlement européen sera désormais
l’une des bases de discussion avec les autorités
algériennes», a t- elle déclaré,
en ajoutant que l’affaire Benchicou
avait démontré les velléités
liberticides de la réforme du code
pénal de 2001, malgré les
garanties initialement apportées
par les autorités. Elle a indiqué
que le « Parlement européen
va demander, dans le cadre de l’évaluation
de l’accord d’association avec l’Algérie,
à la Commission et au Conseil de
l’Union européenne d’interpeller
leurs interlocuteurs algériens sur
ces atteintes répétées
à la liberté de la presse ».
Avant de clore son intervention, Mme Flautre
a fait remarquer que « la récente
résolution du Parlement européen
n’est pas tombée du ciel ; au contraire,
elle est le résultat d’une vigilance
constante et d’une réelle détermination
des députés européens
».
Aziouz
Mokhtari, correspondant du journal Le
Soir D’Algérie
à Bruxelles, a ajouté que
« l’affaire Benchicou
est un symbole de la censure, mais aussi
de la décrépitude d’un système
juridique à la botte de quelques
dirigeants politiques ». Il a
également lu une lettre de M.
Benchicou,
qui appelle ses collègues « à
maintenir
le cap de la mobilisation et continuer à
être la voix de ceux qui n’en n’ont
pas ».
La
FIJ appelle l’ensemble de ses affiliés
et des organisations professionnelles de
journalistes dans le monde à se saisir
de ce symbole pour dénoncer auprès
des ambassades algériennes la détention
de Mohamed
Benchicou
et le détournement de la loi algérienne
contre les journalistes. Elle appelle également
les syndicats de journalistes à faire
pression auprès de leurs autorités
nationales pour qu’elles exigent la libération
de M.
Benchicou.
Pour
plus d’information, vous pouvez appeler
le +32 2 235 22 06
La
FIJ représente plus de 500,000 journalistes
dans plus de 110 pays |