L’Algérie
s’installe dans l’incertitude, l’opacité
et la répression. Alors que les grandes
inquiétudes ne cessent de croître
face à l’aggravation du chômage,
du marasme social et de la corruption, la
société se voit écartée
plus en plus des décisions qui engagent
l’avenir du pays et neutralisée au
moyen de méthodes répressives,
inspirées des grands régimes
totalitaires. L’expression populaire est
étouffée sauvagement, au profit
de l’émergence d’un pouvoir autoritaire
qui n’admet aucun contre-pouvoir, ni contradiction
.
Des journalistes
parmi lesquels Mohamed Benchicou dont
le journal ( Le Matin) a été
contraint à la suspension, sont
jetés en prison pour avoir révélé
des scandales, alors que d’autres risquent
de connaître le même sort.
Les tribunaux
sont devenus des lieux de répression
des libertés et les administrations
publiques un instrument participant
à l’intimidation des citoyens.
Ce totalitarisme qui ne dit pas son
nom, forgé aux dépens
des libertés essentielles, inhibe
la société algérienne,
bloque la création et les réformes,
favorise la corruption, accélère
la fuite des cerveaux, mine les fondements
de la République, détruit
la confiance dans l’Etat et dans l’avenir,
fragilise la Nation et devient, pour
finir, source principale d’instabilité.
Nous citoyens
algériens, signataires de l’appel
du 14 juin, journée nationale
des libertés, décidons
de briser le silence devant ces graves
dérives et devant le déclin
national qui se profile.
La
liberté de dire, d’écrire,
le droit de participer à la vie
publique sont un précieux acquis
de Novembre 1954, réaffirmés
par les grands soulèvements démocratiques
d’avril 1980, d’octobre 1988 et d’avril
2001.
Des Algériens
sont morts pour la liberté de
penser, de s’exprimer, et pour avoir
réclamé leur droit souverain
de participer à la conduite des
affaires nationales. Nous nous devons
de rappeler leurs sacrifices.
Nous appelons le président
de la République, gardien des
droits et des libertés constitutionnellement
garantis, à la cessation immédiate
de la répression qui frappe les
citoyens, les journalistes, les syndicalistes
et les militants des droits de l’Homme.
Nous appelons
le président de la République
à libérer le directeur
du Matin, Mohamed Benchicou, ainsi que
les citoyens détenus arbitrairement.
Nous appelons
le président de la République
et toutes les institutions au respect
des libertés. Toutes les libertés.
Nous rappelons
énergiquement les pouvoirs publics
à leur obligation quant au respect
du pluralisme politique, syndical et
médiatique, garanti par la Constitution
et dont nous serons désormais
les défenseurs.
Nous appelons
à la satisfaction des revendications
démocratiques, en particulier
l’application de la plateforme d’El-Kseur,
seul moyen d’apporter la stabilité,
de renforcer l’unité nationale
et de concrétiser, par les actes,
la citoyenneté.
Nous appelons les Algériens
libres, les intellectuels, les artistes,
les travailleurs, les chômeurs
et les associations citoyennes au réveil,
vital pour sauver l’Algérie du
déclin et du danger totalitaire,
à s’impliquer dans la vie publique
et à créer le sursaut
démocratique national.
Le
Comité Benchicou pour les libertés
Vous
pouvez envoyer vos signatures au numéro
de fax suivant : 021 65 68 62 |
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