Le
Soir d’Algérie : La mobilisation
internationale pour la libération
de la consoeur Florence Aubenas et de son
guide Hussein a porté ses fruits.
Ils viennent d'être libérés,
après de longs mois de captivité.
En revanche, cette mobilisation semble inefficace
face à l'attitude de gouvernements
liberticides qui poursuivent de maintenir
des journalistes en prison. Le journaliste
algérien Mohamed Benchicou aura bouclé
ce 14 juin 2005 une année d'emprisonnement
ferme.
Aidan
White : La libération de
Florence Aubenas témoigne de l’impact
d’une mobilisation internationale et d’une
prise de conscience de chacun sur l’importance
du travail des journalistes. Le cas de Mohamed
Benchicou a sans doute été
moins visible, les circonstances liées
à sa détention étant
différentes. D’une part, l’Irak a
capté l’attention d’une grande partie
de la communauté internationale,
et Florence Aubenas et son guide sont devenus
des symboles pour l’ensemble des journalistes
emprisonnés dans des conditions iniques
et détestables. Nous avons appris
qu’il fallait protéger les journalistes,
pas seulement des kidnappings, mais aussi
des pressions insidieuses et indirectes
dont certains gouvernements étaient
capables. Mohamed Benchicou est la victime
d’un système judiciaire dévoyé,
alors que le gouvernement détourne
la loi pour mieux censurer des professionnels
de la presse. Il est clair que la mobilisation
ne fera que grandir après le premier
anniversaire de sa détention, que
l’ensemble de la communauté internationale
va condamner ce 14 juin 2005.
L.
S. : De quelle manière
votre organisation compte poursuivre la
mobilisation pour la libération de
Benchicou?
Aidan
White : La mobilisation pour Mohamed Benchicou
s’amplifie et nous comptons nous engager
de façon ferme et décisive
pour transformer l’affaire Benchicou en
un symbole pour tous les journalistes injustement
emprisonnés, menacés ou harcelés
par des gouvernements qui ont perdu la notion
d’intérêt public et dévoyé
les fondements du système démocratique.
La FIJ va appeler l’ensemble des syndicats
et associations professionnels de journalistes
dans le monde à écrire au
gouvernement algérien pour demander
la libération de Mohamed Benchicou.
Ils alerteront également leurs autorités
nationales. Nous continuerons également
de travailler avec les institutions européennes,
notamment pour que ces questions fondamentales
de la liberté d’expression et des
droits de l’Homme soient au cœur du partenariat
euro-méditerranéen. Le Conseil
européen devra notamment donner suite
à la résolution du Parlement
européen adoptée le 8 juin
dernier.
L.
S. : Le Parlement européen
vient de voter une résolution pour
la dépénalisation du délit
de presse en Algérie. Quelle appréciation
en portez-vous?
Aidan
White : La résolution du Parlement
européen apporte un soutien essentiel
à la campagne internationale menée
par une pluralité d’acteurs politiques,
syndicaux et associatifs, qui demandent
la libération immédiate de
Mohamed Benchicou. Le Parlement européen
apporte une crédibilité et
un poids supplémentaires à
ces appels, qui vont s’amplifier. Les autorités
algériennes devront s’expliquer.
L.
S. : De quelle façon
votre organisation compte-t-elle accompagner
cette résolution?
Aidan
White : La Fédération
internationale des journalistes organisera
demain, 14 juin, une conférence de
presse pour dénoncer la détention
de Mohamed Benchicou. Mme Hélène
Flautre, présidente de la sous-commission
du Parlement européen pour les droits
de l’Homme, assistera d’ailleurs à
l’évènement. Nous allons résolument
soutenir les conclusions de cette résolution
et demander à la Commission européenne
et au Conseil européen de prendre
position. Encore une fois, les autorités
algériennes devront s’expliquer,
ne serait-ce que dans le cadre de la mise
en œuvre de l’accord d’association avec
l’Union européenne.
Sofiane
AÏT-IFLIS |