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Spécial Juin 2004 - Juin 2005

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Liberté de la presse en Algérie


 Notre solidarité agissante avec Mohamed Benchicou

Abderrahmane Mahmoudi, directeur du "Jour d'Algérie"

"C'est le moment idéal pour envisager une libération..."

Le Soir d’Algérie : Le directeur du Matin aura purgé le mardi 14 juin 2005 une année d’emprisonnement. Une demande de mise en liberté provisoire introduite auparavant par ses avocats a été rejetée, alors que son état de santé serait préoccupant…

Abderrahmane Mahmoudi : Je pense qu’une année d’emprisonnement est le moment psychologique idéal pour envisager la libération d’un journaliste qui n’a pas commis de délit imprescriptible. L’on sait, dans le cas de Mohamed Benchicou, l’amalgame entretenu autour du motif de l’incarcération, et, à propos, le doute peut bénéficier à sa libération. Cela dit, pour un journaliste, un directeur d’un journal, une année de prison est excessive. Une meilleure appréciation de sa situation pourrait permettre aujourd’hui de prétendre à détendre l’atmosphère. On a beaucoup de peine de voir un confrère, un ami en prison. On souhaite sa libération. On n’en a pas cessé d’appeler, au demeurant. Une incarcération qui dépasserait cette période est inacceptable.

L. S. : Le Parlement européen vient d’adopter une résolution à travers laquelle il appelle à la dépénalisation du délit de presse en Algérie. Quelle appréciation en faites-vous ?

A. M. : Il est évident qu’on ne peut qu’applaudir à cette résolution. D’autant qu’il n’est pas exclu que la pénalisation du délit de presse en Algérie ait obéi à une crainte que procédé d’une volonté de légiférer. Les autorités ont pensé à mettre en place des garde-fous ; mais cela a érigé une barrière d’incompréhension entre des segments de la société qui doivent normalement se compléter. Les journalistes ne sont tout de même pas des gens qui se transforment en criminels. C’est seulement le métier qui veut que l’on soit amené à dénoncer des situations peu orthodoxes. Cela peut causer des problèmes, entraîner des dommages collatéraux. Mais toujours est-il ce n’est pas en mettant les journalistes en prison qu’on réglerait le problème. On ne guérit pas un mal par un mal plus grand. Il aurait été plus intelligent pour les autorités algériennes d’envisager un code de l’information plus convivial, et ce, dans l’intérêt de tout le monde, la profession, les institutions et la société en général. Ce qui est dramatique, cependant, est qu’on se retrouve à énoncer des lapalissades, un journaliste, un directeur de journal en liberté plutôt qu’en prison, un code de l’information plutôt qu’un code pénal. Cela démontre l’étendue du décalage, l’immensité du retard que l’on accuse par rapport à d’autres sociétés.

Sofiane AÏT-IFLIS

 

 © Le Soir d'Algérie, 14 juin 2005

Le Collectif pour la liberté de la presse en Algérie



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