Le
Soir d’Algérie : Le directeur du
Matin aura purgé le mardi 14 juin
2005 une année d’emprisonnement.
Une demande de mise en liberté provisoire
introduite auparavant par ses avocats a
été rejetée, alors
que son état de santé serait
préoccupant…
Abderrahmane
Mahmoudi : Je pense qu’une
année d’emprisonnement est le moment
psychologique idéal pour envisager
la libération d’un journaliste qui
n’a pas commis de délit imprescriptible.
L’on sait, dans le cas de Mohamed Benchicou,
l’amalgame entretenu autour du motif de
l’incarcération, et, à propos,
le doute peut bénéficier à
sa libération. Cela dit, pour un
journaliste, un directeur d’un journal,
une année de prison est excessive.
Une meilleure appréciation de sa
situation pourrait permettre aujourd’hui
de prétendre à détendre
l’atmosphère. On a beaucoup de peine
de voir un confrère, un ami en prison.
On souhaite sa libération. On n’en
a pas cessé d’appeler, au demeurant.
Une incarcération qui dépasserait
cette période est inacceptable.
L.
S. : Le Parlement européen
vient d’adopter une résolution à
travers laquelle il appelle à la
dépénalisation du délit
de presse en Algérie. Quelle appréciation
en faites-vous ?
A.
M. : Il est évident qu’on
ne peut qu’applaudir à cette résolution.
D’autant qu’il n’est pas exclu que la pénalisation
du délit de presse en Algérie
ait obéi à une crainte que
procédé d’une volonté
de légiférer. Les autorités
ont pensé à mettre en place
des garde-fous ; mais cela a érigé
une barrière d’incompréhension
entre des segments de la société
qui doivent normalement se compléter.
Les journalistes ne sont tout de même
pas des gens qui se transforment en criminels.
C’est seulement le métier qui veut
que l’on soit amené à dénoncer
des situations peu orthodoxes. Cela peut
causer des problèmes, entraîner
des dommages collatéraux. Mais toujours
est-il ce n’est pas en mettant les journalistes
en prison qu’on réglerait le problème.
On ne guérit pas un mal par un mal
plus grand. Il aurait été
plus intelligent pour les autorités
algériennes d’envisager un code de
l’information plus convivial, et ce, dans
l’intérêt de tout le monde,
la profession, les institutions et la société
en général. Ce qui est dramatique,
cependant, est qu’on se retrouve à
énoncer des lapalissades, un journaliste,
un directeur de journal en liberté
plutôt qu’en prison, un code de l’information
plutôt qu’un code pénal. Cela
démontre l’étendue du décalage,
l’immensité du retard que l’on accuse
par rapport à d’autres sociétés.
Sofiane
AÏT-IFLIS |
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