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Le regard de Mohamed Benchicou

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Liberté de la presse en Algérie


«[...] Faut-il renoncer à informer, à dire et écrire librement ? Non. Aujourd'hui plus que jamais, non ! Cette flamme qui nous a fait, hier à l'heure de la lame assassine, relever les défis et donner la force de croire et de continuer, nous anime toujours. Elle peut vaciller, jamais s'éteindre. J'en suis convaincu. J'ai raison de croire, comme vous avez raison de croire et de continuer: la presse algérienne sera libre ou ne le sera pas...»

Mohamed Benchicou

Jean Daniel réagit à la chronique de Mohamed Benchicou

Réagissant à la chronique de Mohamed Benchicou intitulée " Pour tout vous dire, Jean Daniel" parue dans le Soir du 21 octobre 2006, le directeur du Nouvel Observateur a adressé la réponse suivante.

Vous imaginez bien j'espère que la chronique de Mohamed Benchicou que vous m'avez adressée ne m'a pas laissé indifférent. Il est vrai que je fais une différence entre le président Bouteflika et Vladimir Poutine. Dans le passé, le premier faisait partie des émancipateurs de son peuple, tandis que le second faisait partie des oppresseurs. Il est vrai aussi que ce qui reste en moi d'algérien et qui est très intense a souffert mille morts pendant la guerre civile qui a fait deux cent mille victimes dans la dernière décennie du XXe siècle. Pour moi (comme pour bien d'autres !) c'était l'échec sanglant de la révolution dans laquelle j'avais mis comme vous-mêmes tant d'espérance. Vous citez des noms que je connais, et qui ont été mes amis. Mais je crois savoir que tous ceux du réseau Janson ont réagi comme moi. Dans ces conditions et après avoir vu fuir vers le pouvoir tous les leaders algériens qui nous avaient mobilisés contre les fondamentalistes, j'ai considéré que l'homme qui tentait une réconciliation était un recours suprême et qu'en souvenir de tous les écrivains, enseignants, artistes et fonctionnaires assassinés, si j'avais été algérien je crois que j'aurais été favorable à la tentative de réconcilier des frères si tragiquement ennemis. Quand les effusions de sang augmentent, on ne s'interroge plus sur ce qui l'a provoqué. On voit qu'il est rouge et qu'il ne s'arrête pas de couler. Cette réconciliation n'a -t-elle pas réussi ? Je n'en sais rien. Mais c'est au nom de cette attitude que je n'ai pas cru devoir refuser ce pèlerinage aux sources dans ma terre natale que le président de la République algérienne a organisé et dont j'ai profité. J'ai rencontré au cours de mon voyage des hommes et des femmes admirables et qui ont amplement justifié les combats que j'avais livrés près d'eux. J'ajoute ceci qui est le plus important. A chacun de mes voyages (il y en a eu deux), lors de chacun de mes entretiens avec le président ou ses ministres, j'ai appelé l'attention sur le sort réservé à mon confrère Mohamed Benchicou. De cela, son avocat, Maître Miloud Brahimi peut témoigner de manière plus précise que je ne suis autorisé à le faire. Croyez, chers amis du collectif, à ma solidarité.

Jean Daniel

 

 © Le Soir d'Algérie du 16 novembre 2006

Le Collectif pour la liberté de la presse en Algérie



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