La
condamnation du directeur de la publication
et d’un chroniqueur du Soir d’Algérie
à une peine d’emprisonnement de deux
mois continue de susciter des réactions.
C’est ainsi que le Mouvement démocratique
et social (MDS), la CADC de Boumerdès,
Abdelaziz Rahabi, la Ligue algérienne
de la défense des droits de l’homme
et l’Association des journalistes de la
wlaya de Annaba sont unanimes : ils s’insurgent
contre la décision de justice.
ABDELAZIZ
RAHABI, ANCIEN MINISTRE DE LA CULTURE ET
DE LA COMMUNICATION :
“Une
preuve supplémentaire de la nature
liberticide du pouvoir”
“Cette
condamnation à une peine privative
de liberté constitue une preuve supplémentaire
de la nature liberticide du mode de gouvernement
adopté par notre pouvoir politique.
Elle est la démonstration que faute
de mobiliser autour d’un ambitieux projet
de développement, des donneurs d’ordres
à la justice ont choisi de faire
taire les porte-voix de la liberté
et de la transparence. Il est opportun enfin
de réapprendre à compter sur
nos propres forces internes qui demeurent
les seules forces réelles et sincères
dans un environnement régional et
international anesthésié.”
LA
LIGUE ALGÉRIENNE DE LA DÉFENSE
DES DROITS DE L’HOMME :
“Un
cas flagrant d’atteinte à l’une des
libertés fondamentales”
La
section de Annaba de la LADDH “dénonce
avec la plus grande fermeté les condamnations
à des peines d’emprisonnement et
considère qu’il s’agit d’un cas flagrant
d’atteinte à l’une des libertés
fondamentales de l’homme, en l’occurrence
la liberté d’expression. La LADDH
lance un appel à tous ceux épris
de liberté à se mobiliser
pour faire face à cette dérive
dangereuse du pouvoir en place et à
œuvrer pour instaurer un Etat de droit effectif.”
LE
MOUVEMENT DÉMOCRATIQUE ET SOCIAL
:
“Faire
barrage à la dérive”
“Le
MDS s’élève de toutes ses
forces contre les peines de prison infâmes
auxquelles ont été condamnés
le chroniqueur et le directeur du Soir d’Algérie.
L’Algérie se dirige tout droit vers
le totalitarisme, tant toute forme d’expression
est invariablement assimilée à
de la diffamation. Pour justifier ses atteintes
répétées à la
liberté d’opinion, le pouvoir voudrait
se prévaloir de la question de l’éthique
professionnelle de la presse au moment où
les affaires de corruption l’éclaboussent.
La presse soumise à l’arbitraire
de ce pouvoir doit trouver toute la solidarité
de la société, des forces
patriotiques et démocratiques. Avant
qu’il ne soit trop tard, le MDS appelle
à se mobiliser largement pour faire
barrage à la dérive d’un pouvoir
qui, chaque jour, accomplit de nouveaux
pas dans une démarche extrêmement
lourde de conséquences. Chacun se
devra d’assumer ses responsabilités.”
ASSOCIATION
DES JOURNALISTES DE LA WILAYA DE ANNABA
:
“L’heure
est grave”
“L’AJWA
s’élève contre la condamnation
à des peines d’emprisonnement pour
délit de presse et appelle tous les
confrères à se mobiliser contre
cette décision liberticide affichée
par le pouvoir. L’heure est grave ; au moment
où dans d’autres pays, l’évolution
est positive en matière de liberté
de la presse de par le monde, en Algérie,
on emprisonne des journalistes pour avoir
écrit et dénoncé. Il
est urgent de faire en sorte que le délit
de presse soit dépénalisé.”
LA
COORDINATION DES ARCHS DAÏRAS ET COMMUNES
DE BOUMERDÈS :
“Un
soutien indéfectible”
La
CADC de Boumerdès estime que “le
pouvoir algérien persévère
dans son cynisme et actionne les institutions
qui lui sont asservies pour anéantir
toute velléité d’expression
libre arrachée. Le mouvement citoyen
exprime son rejet viscéral de toutes
les mesures qui s’inscrivent à contre-courant
des valeurs démocratiques et républicaines.
Nous assurons la profession de notre soutien
indéfectible.”
LE
COLLECTIF POUR LA LIBERTÉ DE LA PRESSE
EN ALGÉRIE :
“Le
pouvoir accentue sa répression”
"Sourd
aux protestations tant nationales qu’internationales
contre les violations de la liberté
de la presse, le pouvoir accentue sa répression
contre les journalistes et les journaux,
coupables à ses yeux, d’exercer librement
et sans contrainte leur métier. Le
collectif exige le respect de la liberté
de la presse, la libération de Benchicou,
la relaxe des journalistes condamnés
et la dépénalisation du délit
de presse.”
Synthèse
N. I. |