La
chambre pénale a eu à traiter,
hier, l'affaire opposant le MDN au journal
Liberté. Il s'agit plus précisément
d'une caricature tirée de l'événement
relatif au massacre de 21 soldats par des
terroristes.
Le
commentaire de cette caricature a trait
tout particulièrement à une
boutade d’un terroriste selon laquelle le
code pénal ne protège pas
les soldats. Il convient de rappeler que
le tribunal a condamné Dilem a quatre
mois de prison avec sursis ainsi qu’à
une amende de 100 000 DA. Abrous Outoudert
et Hacène Ouandjeli, qui étaient
alors respectivement directeur de la publication
et directeur de la rédaction, ont
écopé d’une amende de 50 000
DA chacun. Le tribunal avait rejeté
les moyens de défense formulés
par Me Bourayou ayant trait à l’annulation
de la procédure d’enquête au
motif que les procès-verbaux de première
comparution de Dilem et de Hacène
Ouandjeli n’étaient pas signés
par le greffier de la chambre d’instruction.
Ce
qui constitue une violation des articles
94 et 95 du code de procédure pénal.
Au cours de l’audience d’appel, la défense
des journalistes a réitéré
ses demandes en soutenant que la nullité
des deux procès-verbaux précités
a une influence directe sur l’ordonnance
de renvoi puisque c’est le seul acte consécutif
à ces deux procès-verbaux.
Par ailleurs, elle a présenté
d’autres moyens relatifs à la non-poursuite
pénale de Hacène Ouandjeli
en sa qualité de directeur de la
rédaction. Les articles 144 et 146
ne prévoyant pas de telles poursuites
pour ce poste de responsabilité.
Abrous
Outoudert a expliqué qu’il a donné
son accord pour la publication de cette
caricature tant qu’il ne voyait pas qu’il
pouvait constituer une atteinte aux forces
armées. Hacène Ouandjeli,
interrogé par le juge, a répondu
qu’il partageait le même point de
vue et qu’il ne voyait pas en quoi ce dessin
pouvait atteindre le moral des troupes.
Dans sa plaidoirie, l’avocat a mis l’accent
sur le combat des journalistes contre le
terrorisme et surtout la défense
des éléments de l’ANP au moment
où il subissait le complot du “qui
tue qui ?” Le délibéré
est fixé pour la semaine prochaine.
Par ailleurs, la cour d’Alger a eu à
enregistrer la plainte de Dechmi, l’ancien
directeur de la CAB, contre Omar Belhouchet,
directeur de la publication d’El Watan et
la journaliste Alioua Houria au sujet d’un
article dans lequel a été
évoqué un différend
entre ce directeur et le bailleur d’une
bâtisse louée à cette
banque. L’affaire est renvoyée au
12 avril. Il y a lieu d’indiquer que Fouad
Boughanem, directeur de la publication du
Soir d’Algérie, a fait l’objet d’une
condamnation à une année d’emprisonnement
ferme pour une plainte de diffamation qui
n’en valait, selon le code pénal,
que 6 mois.
Salim
TAMANI |
|