L’Association
des journalistes et correspondants de presse
de la wilaya de Tipaza (AJCPT) a organisé,
hier au site touristique La corne d’or,
une manifestation pour célébrer
la Journée mondiale de la liberté
de la presse. Au menu du programme :
une exposition d’une série d’articles
de presse, des photos des journalistes assassinés
et un échantillon de reportages illustrant
certaines périodes ayant marqué
le quotidien des Algériens, réalisé
par les photographes d’El Watan.
En
plus de certaines autorités, l’assistance
était composée de représentants
du mouvement associatif de la wilaya de
Tipaza. Le premier responsable du quotidien
El Watan, dans son intervention, a d’abord
rappelé l’origine de la célébration
de la journée du 3 mai, date proposée
lors d’une conférence tenue en Namibie
en 1991, parrainée par l’Unesco,
à laquelle l’Algérie était
représentée par Zoubir Souissi
et Omar Belhouchet. Il avait, par la suite,
abordé l’expérience vécue
par son journal depuis sa première
parution, le 8 octobre 1990, et les perspectives
de son quotidien à moyen terme, en
mettant l’accent sur le développement
de l’information régionale. Hacène
Djaballah, universitaire, a mis en exergue
l’évolution « positive »
du paysage médiatique national. Il
cite l’exemple d’El Khabar et d’El Watan,
deux quotidiens qui figurent sur la liste
des grandes entreprises. Selon lui, le tirage
de la presse écrite algérienne
est l’équivalent de la production
quotidienne de 20 ouvrages. « La
presse en Algérie s’est transformée
en une industrie qui est soumise à
plusieurs appétits »,
a-t-il dit. Ahmed Brahimi, universitaire,
souligne que l’avenir de la presse se situe
dans le développement local et dans
l’information de proximité. D’après
lui, le souci de se rapprocher des citoyens
doit être permanent. Mostefaoui Belkacem,
universitaire, a soulevé, pour sa
part, le problème du monopole de
l’Etat sur les médias audiovisuels
et « sur une télévision
qui organise des simulacres à la
veille de chaque échéance
électorale, d’une part, et d’autre
part, sur cette manière de fermer
les portes aux opinions diverses ».
Les conférenciers ont par la suite
répondu aux questions de l’assistance
sur le rôle de la presse et son impact
sur les opinions, l’évolution dans
le traitement de l’information, la relation
entre la presse avec les pouvoirs publics
par justice interposée. Des interrogations
ont été posées sur
le code pénal jugé répressif
à l’égard de la presse, sur
la comparaison avec les médias des
pays voisins, sur la formation des journalistes,
sur la précarité des correspondants
locaux et sur les groupes de presse en formation,
sur l’attribution par l’Etat des annonces
publicitaires à travers l’ANEP, sur
le rôle de la communication à
l’échelle locale. Les conférenciers
ont précisé que la volonté
de l’Etat à discréditer la
presse écrite indépendante
est réelle. Il est vrai que le journaliste
est comptable de ce qu’il écrit devant
la justice au même titre que tout
citoyen, d’où cette exigence vers
le professionnalisme et la rigueur dans
son travail. « Le droit à
l’information est un droit constitutionnel.
Les journaux s’attellent pour informer les
lecteurs sur ce qui se passe dans son pays.
La presse n’est pas le 4e pouvoir comme
certains le prétendent et nous n’avons
pas l’intention de l’être »,
a déclaré Omar Belhouchet.
« C’est simple, nous essayons
de porter la voix des citoyens qui n’arrivent
pas à s’exprimer à l’ENTV,
tout en vérifiant l’information avant
de la publier », a-t-il ajouté.
M'hamed
H. |
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