Le
prix Benchicou de la Plume libre qui distingue
chaque année deux journalistes parmi
les plus dévoués à
la liberté d’écrire et de
penser, a été attribué,
pour l’année 2008, à l’un
des pères du journalisme algérien
indépendant, Bachir Rezzoug, et au
journaliste tunisien emprisonné Slim
Boukhdir.
Le
Comité Benchicou pour les libertés
(CBL), qui place l’événement
de cette année sous le signe : «Un
journalisme à l’écoute de
la société», a voulu
honorer deux personnalités qui ont
mis leur plume au service de nos peuples
de tout temps trahis et abusés, et
dont ils ont saisi qu’ils ont toujours eu
besoin d’une solidarité aussi vaste
que l’immensité de leurs solitudes.
La remise du prix du CBL intervient cette
année encore en Algérie dans
un climat politique et sécuritaire
flou, où la désintégration
de l’identité et de l’économie
nationales, les graves maux sociaux (chômage,
hogra, corruption...) qui se sont soldés
récemment encore par des pics de
colère incontrôlables à
Chlef et Berriane (Ghardaïa), etc.
le désarroi social et le chaos total
qui guette le pays, imposent un journalisme
chaque jour plus proche des Algériens.
Le CBL estime que la liberté de la
presse se trouve remise en cause insidieusement
par les forces occultes qui squattent les
appareils politique, judiciaire et économique
et qui entravent l’évolution positive
et quantitative initiée par des femmes
et des hommes qui luttent quotidiennement
dans nos rédactions pour une véritable
presse libre et indépendante. Institué
en 2005 par le Comité Benchicou pour
les libertés (CBL) durant l’incarcération
du directeur du Matin, le prix Benchicou
de la Plume libre a honoré les précédentes
années, de nombreux journalistes
algériens et maghrébins :
Hakim Laâlam (2005), Bachir Larabi
et le Marocain Ali Lemrabet (2006), le regretté
Abdelhak Beliardouh et le journaliste syrien
emprisonné Michel Kilo (2007). En
choisissant d’honorer cette année
Bachir Rezzoug, le Comité Benchicou
pour les libertés (CBL) a, d’une
part, voulu rendre hommage au talent et
au parcours exceptionnel du journaliste
et, d’autre part, rappeler que le journalisme
algérien d’aujourd’hui a eu ses fondateurs
et ses architectes, et que Bachir Rezzoug
en fut certainement l’un des plus remarquables.
Depuis 1964, Bachir fut à l’origine
de toutes les grandes révolutions
qui ont poussé le journalisme algérien
vers la liberté : de l’inoubliable
La République, irremplaçable
quotidien impertinent, qu’il dirigea très
jeune au début des années
1970 jusqu’à Alger républicain,
premier journal indépendant à
briser le mur de la presse unique et qu’il
relança en 1989, en passant par Algérie-Actualités
dans ses années de splendeur, El
Moudjahiddont il bouleversa la ligne éditoriale,
ou l’ Opinion. Bachir Rezzoug a formé
des générations entières
de journalistes nourris aux trois aliments
essentiels : la rigueur professionnelle,
l’impertinence et l’indépendance.
En distinguant Slim Boukhdir, le CBL a tenu
à honorer un exemple de courage et
d’opiniâtreté contre la dictature
et l’injustice, un journaliste qui se consacre
à la liberté en dépit
de la répression, de la torture et
de l’intimidation de la part du régime
tunisien. Slim Boukhdir, 39 ans, est emprisonné
depuis novembre 2007 en Tunisie. Il est,
depuis des années, victime de harcèlement
de toutes sortes (pressions financières
et administratives, agressions physiques...)
Correspondant du journal panarabe Al Qods
Al Arabi et du site internet de la chaîne
de télévision satellitaire
Al Arabiya, il publie des articles sur plusieurs
sites internet et notamment Tunisnews et
Kantara. Le prix Benchicou de la Plume libre
2008 sera remis le samedi 14 juin, Journée
de la Plume libre, à 11h00 à
la Maison de la culture de Tizi-Ouzou, en
présence de personnalités
des médias et de la société
civile. C’est le choix du CBL d’organiser,
désormais, la cérémonie
en dehors de la capitale. Pour l’année
2009, le choix sera porté sur une
autre ville algérienne. Le CBL saisit
l’occasion pour souligner qu’il reste au
service du combat pour la liberté
et qu’il demeure attentif aux évolutions
de la scène nationale et médiatique.
Le
Comité Benchicou pour les libertés
Alger,
le 4 juin 2008 |
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