L'organisation
non gouvernementale Committee
to Protect Journalists (CPJ) se joint à
l'appel lancé par le célèbre
écrivain égyptien Naguib Mahfouz
aux gouvernements arabes à libérer
les journalistes dont deux reporters égyptiens
arrêtés la semaine dernière
lors d'une manifestation au Caire indique
un communiqué du COJ. Dans une interview
au quotidien égyptien Al-Ahram, mercredi
journée internationale de la liberté
de la presse, Naguib Mahfouz, prix Nobel
de littérature 1988,
a déclaré :« J'appelle,
en cette journée internationale de
la liberté de la presse, à
la libération de tous les journalistes
emprisonnés dans le monde arabe pour
des délits d'opinion et à
l'arrêt de toutes les poursuites contre
eux en raison de leurs écrits»
«Des douzaines
de journalistes sont persécutés
et menacés d'emprisonnement dans
le monde arabe en raison de lois répressives
sur la presse, et de code pénaux
qui criminalisent la liberté d'expression»,
indique le CPJ dans un communiqué,
précisant qu'au moins
4 journalistes sont derrière les
barreaux pour avoir fait leur travail de
journalistes.
Le
journaliste égyptien Saher al Gad du journal al-Jil
et
Ibrahim Sahari
de El-Alam El Youm sont emprisonnés
au Caire. Ils ont été arrêtés
lors d'une manifestation de soutien à
deux magistrats qui passaient devant une
commission de discipline pour avoir dénoncé
des élections législatives
frauduleuses de novembre et décembre
derniers. Les deux journalistes sont accusés
de « trouble à l'ordre
public » et condamnés
à 15 jours de détention. Cela
sans qu'aucune preuve n'ait été
apportée, poursuit le communiqué.
Le journaliste
algérien Mohamed
Benchicou,
directeur du quotidien Le Matin, est
en prison depuis le 14 juin 2004. Il a été
condamné à 2 ans de prison
pour « infraction à la
législation des changes » .
La conviction que cette condamnation est
dictée en représailles à
la ligne éditoriale critique de son
journal envers le gouvernement est largement
partagée, poursuit le CPJ .
Mohamed
Abbou,
journaliste free-lance est en prison en
Tunisie depuis le 1er mars 2005. Avocat
et militant des droits de l'homme, il a
été condamné à
3 ans et demi de prison pour avoir publié
un article sur son site Internet TUNISNEWS,
prétendument « diffamant »
l'appareil judiciaire et susceptible de
porter atteinte à l'ordre public.
Mohamed
Abbou
a écrit pour un site web tunisien
interdit, un article dans lequel il compare
la torture dans les prisons tunisiennes
à celles pratiquées dans les
prisons irakiennes d'Abou Ghraib. Le verdict
du procès en appel est attendu pour
le 10 juin prochain.
« Les
pays comme l'Algérie, l'Egypte et la Tunisie prétendent
que leur presse est libre alors qu'ils bâillonnent
leurs journalistes», estime la directrice
du CPJ,
Ann Cooper,
dans ce communique. « La
communauté internationale doit tenir
compte des violations des standards de la
liberté de la presse les plus élémentaires
par les gouvernements qui envoient leurs
journalistes derrière les barreaux»,
a
également estimé Ann
Cooper tout en appelant les gouvernements
à libérer les journalistes
emprisonnés et à supprimer
les
lois qui limitent la
liberté de la presse.
New
York, 05 mai 2006
Committee
to Protect Journalists |