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Le monde de la presse en Algérie

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Liberté de la presse en Algérie


 

De la méprise

Albert Londres est au journalisme ce que Sigmund Freud est à la psychanalyse. Et Albert Londres disait ceci : « Il faut savoir mettre la plume dans plaie. » Journaliste depuis une dizaine d’années, j’ai rencontré Omar Belhouchet en septembre 2000 à Aix-en-Provence où j’exerce. Il était venu à cette époque soutenir le retour d’un universitaire de premier plan, Ali Bensaad. Il était accompagné de Ali Djeri, le directeur d’El Khabar, mais également de l’avocat Zoubir Soudani. Je salue d’ici le courage de mes confrères et concitoyens algériens pour la puissance de leurs écrits dans un Etat à géométrie variable qui n’a de cesse de mettre au pilori l’activité journalistique. Aucun Etat ne peut se qualifier de démocratique dès lors que la presse est sous « pression ».

Les rotatives d’une administration despotique ne sont que la courroie de transmission d’une vision et d’une pratique d’un pouvoir obscurantiste qui marche à l’aveugle. La vulgate axiomatique de la théorie de Jdanov « Ceux qui ne sont pas avec nous sont contre nous » prend tout son sens. Elle relève de pratiques d’un autre temps. Mais les temps moyenâgeux se reproduisent et produisent les mêmes effets. Au pays de l’ombre, la lumière des ténèbres remplace celle du soleil. Quand un pouvoir utilise tous les moyens pour faire taire la vérité, l’éclat d’un écrit à l’effet d’une frappe stratégique. Elle rend fou celui qui la reçoit et le plonge dans la tourmente. Et quand l’éclat atteint un ersatz de pouvoir représenté par une autorité, la machine s’emballe et frappe à son tour. Mais la frappe est disproportionnée à l’éclat lui-même. En Russie, une journaliste d’une audace certaine l’a payée de sa vie pour avoir apporté son éclairage sur la guerre en Tchétchénie. Ailleurs, en Irak, les journalistes tombent comme des mouches. En Iran, l’éclat d’un écrit est une atteinte à la théocratie. En France, un journaliste qui a écrit sur l’affaire Clearstream est la cible de toutes les attaques judiciaires. Les journalistes, où que nous nous trouvions, ne devons pas céder à la puissance de la répression. Le choix qui est le nôtre de servir la cause de la vérité doit demeurer l’axe de notre travail. Jean Jaurès disait : « Le courage est de chercher la vérité et de la dire. »

Chaouki TRIAI, journaliste et universitaire

 

© El Watan du 8 mars 2008

Le Collectif pour la liberté de la presse en Algérie



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