Le
Soir d’Algérie : Le
directeur de la publication du quotidien
algérien Le Soir d’Algérie,
Fouad Boughanem, et le chroniqueur Hakim
Laâlam, et auparavant d’autres journalistes
d’autres titres, ont été condamnés
pour délit de presse à des
peines d’emprisonnement ferme. Quelle réaction
cette situation vous suggère-t-elle
?
Robert
Ménard : Une réaction
d’indignation. Nous avons le sentiment que
la situation de la liberté de la
presse ne fait que se dégrader en
Algérie. Chaque semaine, de nouveaux
journalistes sont condamnés à
une lourde amende ou à une peine
de prison. Cette situation ne peut plus
durer. Les autorités et le chef de
l’Etat en premier lieu doivent faire quelque
chose pour mettre un terme à cette
série répressive.
L.
S. : Votre organisation, engagée
pour les libertés de la presse et
d’expression dans le monde, prévoit-elle
d’entreprendre des actions de soutien aux
journalistes et la presse algérienne
?
R.
M. : Chaque fois qu’un journaliste
est condamné à une peine de
prison ferme, nous rappelons au gouvernement
algérien que ce pays a ratifié
des traités internationaux protégeant
la liberté de la presse. Et chaque
fois, nous rappelons que même les
Nations unies ont demandé à
tous les gouvernements du monde de ne plus
condamner des journalistes à des
peines de prison ferme en cas de diffamation,
d’outrage ou d’autres délits de presse.
Nous souhaitons également pouvoir
nous rendre en Algérie au plus vite
afin de dialoguer avec les autorités
à ce sujet. Nous attendons leur accord.
L.
S. : De quelle manière
votre organisation compte-t-elle agir en
faveur de la dépénalisation
du délit de presse dans des pays
comme l’Algérie ?
R.
M. : Plusieurs pays africains
ont dépénalisé les
délits de presse en 2004. Même
la Côte d’Ivoire, qui traverse une
période de crise sans précédent,
vient d’adopter une nouvelle loi sur la
presse qui inclut de telles dispositions.
L’Algérie doit faire un pas dans
cette direction. Il n’est pas imaginable
que ce pays si moderne à bien des
égards fasse preuve d’immobilisme
dès qu’il s’agit de libéraliser
la presse.
Propos
recueillis par :
Sofiane
AÏT-IFLIS |