Arrêté
jeudi dernier à l’aéroport
d’Alger, alors qu’il s’apprêtait à
rejoindre la capitale française,
le journaliste Arezki Aït Larbi, correspondant
du journal français Le Figaro, a
été présenté
hier devant le procureur de la République,
puis devant le tribunal correctionnel.
Ce
dernier lui a accordé la liberté
provisoire et a décidé de
reporter le procès à mercredi
prochain. Un procès qui sort du néant
et qui renvoie le tribunal sur une affaire
classée il y a dix ans. En effet,
l’arrestation de notre confrère intervient
dans le contexte d’un procès qui
ne s’est jamais tenu. Les faits remontent
au mois de décembre 1997, lorsque,
suite à une plainte déposée
en 1994 par le ministère de la Justice
pour diffamation, Arezki Aït Larbi
a été condamné par
défaut à six mois de prison
ferme. Ce jugement n’a jamais été
notifié et le journaliste n’a jamais
pris connaissance de cette décision
de justice. Depuis dix années, le
correspondant fait des allers et retours
entre Alger et d’autres villes du monde,
sans être inquiété.
Ce n’est qu’en mai 2006 que le journaliste
a pris connaissance de l’affaire suite au
refus des autorités publiques, de
lui renouveler son passeport. Hier, le condamné
a vidé son mandat d’arrêt afin
qu’il puisse bénéficier d’une
liberté provisoire. Seulement le
risque est toujours là. La condamnation
à six mois de prison ferme peut être
confirmée ce mercredi, dix ans après
le premier jugement. Selon des indiscrétions,
la résurrection de cette affaire
est bel et bien liée aux derniers
articles écrits par le correspondant
du Figaro sur l’affaire Khalifa. Ses articles
qui ne font aucune allégeance au
pouvoir politique en place, n’auraient pas
été du goût de ce dernier.
Une fois de plus, la justice algérienne
jette le discrédit sur ses capacités
de transparence et d’indépendance,
qui en toute vraisemblance, demeurent très
limitées.
Rosa
MANSOURI |
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