Le tribunal
correctionnel de Sidi M’hamed de la cour
d’Alger a rendu, hier, son verdict dans
l’affaire d’« offense à
magistrat » opposant le journal
Liberté, son ex-directeur de publication,
Farid Alilat, le caricaturiste Ali Dilem
et le chroniqueur Mustapha Hammouche, au
chef de l’Etat.
Le tribunal a
ainsi acquitté Mustapha Hammouche,
tandis qu’il a condamné Farid Alilat,
par défaut, à une année
de prison ferme, assortie d’une amende de
100 000 DA. Dilem, quant à lui, est
condamné à payer une amende
de 50 000 DA. En sus, une amende de 250
000 DA a été infligée
à la publication. Pour rappel, le
procès s’était déroulé
mardi 10 mai 2005 en l’absence de l’ex-directeur
du journal, qui était à l’étranger.
Après le réquisitoire de la
partie civile et la plaidoirie de la défense,
le procureur de la République avait
requis une année de prison ferme
contre les trois accusés. Maître
Khaled Bourayou, avocat de la défense,
a exprimé, après le verdict,
son contentement quant à l’acquittement
obtenu pour le chroniqueur Hammouche et
se dit être déçu à
la fois pour la condamnation à la
prison ferme de Farid Alilat et l’amende
infligée à Dilem. Selon lui,
« le propre de la caricature
est la déformation des traits dans
le but de provoquer le sourire ».
Et d’ajouter : « Les citoyens
de ce pays ont trop souffert. Ils ont besoin
de sourire. » Aux yeux de l’avocat,
« condamner la chronique et la
caricature, c’est mettre en prison l’humeur ».
Ainsi, il s’est dit « toujours
inquiet » quant à la sanction
de la caricature. Pour lui, le fait que
Dilem n’a pas été condamné,
cette fois-ci, à la prison est un
signe d’une compréhension du sens
de la caricature. « Cela reste
insuffisant », a-t-il enchaîné.
A rappeler que le directeur de la publication
du Soir d’Algérie et le chroniqueur
du journal, Hakim Laâlam, avaient
été condamnés, mardi
17 mai 2005, à deux mois de prison
ferme pour « offense au chef
de l’Etat ». D’autres verdicts
sont tombés hier. Il s’agit notamment
du verdict dans l’affaire de diffamation
opposant le directeur de publication du
Jeune Indépendant, Chafik Abdi, et
le journaliste Abderrahmane Timizar au directeur
du central téléphonique d’El
Harrach. Les deux mis en cause ont été
acquittés. Au registre des affaires
qui attendent d’être jugées,
il y a une affaire opposant le journal arabophone
El Khabar à Kemoun Nacer, dont l’identité
n’a pas été précisée
sur le tableau des procès en attente.
En l’absence de la partie plaignante, le
procès a été renvoyé
au 21 juin 2005. Une autre affaire opposant
le journal El Watan, son directeur et la
journaliste Houria Alioua, au président-directeur
général de la CA Bank, qui
croupit actuellement en prison, a été
également renvoyée au 7 juin
à la demande de la défense,
et ce, du fait que le plaignant n’a pas
été présent pour souligner
les passages qu’il juge diffamatoires et
attentatoires à sa personne. Il y
a aussi le procès concernant un groupe
de journalistes du quotidien L’Authentique
lié à une plainte déposée
par l’ex-président de l’APC de Birkhadem,
qui a été reporté au
21 juin. Un autre procès traitant
d’une affaire opposant Abder Bettache, alias
Hanni Mosteghanemi, et le directeur du Soir
d’Algérie à l’ex-directeur
de la communication de la Direction générale
des douanes, a été renvoyé
au 7 juin. Avant cette date, plusieurs autres
affaires sont programmées pour la
séance du 31 mai. A souligner que
tous les mardis, des journalistes se présentent
au tribunal d’Alger pour s’expliquer sur
des écrits et des informations qu’ils
donnent au quotidien.
Mokrane
AÏT-OUARABI |
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