Une
peine de 12 mois de prison ferme a été
requise, hier, pour «outrage au président
de la République» à
l’encontre de Kamel Amarni et de Fouad Boughanem,
respectivement journaliste politique et
directeur de la publication du Soir d’Algérie.
Le caricaturiste Ali Dilem et l’ancien directeur
de la publication de Liberté, Abrous
Outoudert, risquent quant à eux 6
mois d’emprisonnement ferme dans une affaire
qui les oppose au ministère de la
Défense nationale. Lors de l’audience
tenue, hier, au niveau de la chambre des
délits de presse du tribunal de Sidi-
M’hamed, le représentant du ministère
public a requis 12 mois de prison ferme
contre Kamel Amarni, journaliste au quotidien
Le Soir d’Algérie.
Ce
dernier est accusé d’avoir «porté
atteinte à la personne du président
de la République» dans un article,
paru en décembre 2003, intitulé
«Coup Etat». La défense,
représentée par Me Khaled
Bourayou, a indiqué que l’article
en question ne comporte pas de «propos
diffamatoires». «Cet écrit,
publié en période de précampagne
électorale, relate des faits liés
à un candidat qui se trouve être
également président de la
République», dira pour sa part
Fouad Boughanem, qui encourt, lui aussi,
une peine de 12 mois de prison ferme. Le
verdict sera prononcé le 14 juin
prochain. Il a également été
question de diffamation dans l’affaire opposant
le caricaturiste Ali Dilem au ministère
de la Défense nationale. L’objet
de la plainte est une caricature réalisée
au lendemain de la catastrophe de Bab-el-Oued.
La partie civile a estimé que ce
dessin, qui montre deux citoyens commentant
la provenance des dons du téléthon
organisé au profit des victimes des
inondations, portait atteinte à la
réputation des généraux
et à l’institution militaire. «Faux»,
affirmeront les avocats de la défense,
qui présenteront une tout autre interprétation
de cette caricature. Dans cette affaire,
le représentant du ministère
public a requis 6 mois de prison ferme à
l’encontre de Ali Dilem et de Abrous Outoudert,
qui comparaissait en qualité de directeur
de la publication de Libertéau moment
des faits. Le verdict de cette affaire est
également attendu pour le 14 juin
prochain. Dans un tout autre procès,
la journaliste d’ El Watan, Salima Tlemçani,
risque une amende de 20 000 dinars pour
un article sur la CA.Bank paru le 5 juillet
2004. Les avocats de Omar Dechmi, P-DG de
la CA Bank qui est actuellement en prison,
reprochent à la journaliste «d’avoir
porté préjudice grave»
à cet établissement bancaire.
«Nous demandons la désignation
d’un expert pour estimer le nombre de comptes
clôturés par les clients de
la banque au lendemain de la parution de
cet écrit», dira l’un d’eux.
Des arguments qui seront battus en brèche
par Me Khaled Bourayou, avocat de la défense.
Notons par ailleurs que la chambre des délits
de presse se prononcera prochainement sur
la recevabilité d’une affaire opposant
le journaliste du Soir d’Algérie,
Sofiane Aït Iflis, au président
du Haut- Conseil islamique (HCI), Hadj Bouamrane.
T.
H. |
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