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Communiqué de Mohamed Benchicou

"Le pouvoir algérien menace de me renvoyer en prison et de punir le journal où j'écris"

Dans un article signé par  Hachemi DJIAR, ministre de la Communication, publié samedi 24 mars par certains titres de la presse nationale, le pouvoir algérien menace de me renvoyer en prison et de punir Le Soir d'Algérie, le journal qui publie mes chroniques depuis ma libération le 14 juin dernier. Le gouvernement , cette fois-ci,   prend  prétexte de l'annonce dans les colonnes de ce journal des séances de vente dédicaces au Salon du livre de Paris, de « Bouteflika: une imposture algérienne », le livre qui m'a valu deux ans de prison. M. Djiar, voit dans cette annonce une « offense, une de plus, faite injustement le 22 mars 2007 dans un quotidien national au Chef de l'état algérien alors que les participants à un sommet du NEPAD que le pays venait d'abriter n'avaient pas encore pris congé de leur hôte ». Le ministre précise que « rien n'autorise une publication ou un journaliste quels qu'ils soient à outrepasser les limites établies par la déontologie et par la loi » et brandit le couperet en rappelant que « les articles 144 bis et 144 bis1 du code pénal prévoient et répriment le délit d'offense au Président de la République ». Ces articles, rappelons-le, punissent d'une lourde peine de prison l'auteur de « l'offense » et le directeur de la publication, et sont assortis d'une décision de suspension de la dite publication.

Ces menaces arrogantes à l'endroit d'un auteur-journaliste qui a déjà payé pour ses écrits par deux années de prison et à l'endroit d'un quotidien coupable de lui avoir donné asile après la liquidation de son journal Le Matin, confirment bien la nature liberticide et hégémonique du régime algérien. Ceux qui se sont laissés séduire par son récent discours libéral en réalisent aujourd'hui la duplicité.

Plus que jamais l'opinion nationale et internationale est appelée à la solidarité avec les journalistes et les intellectuels algériens persécutés ainsi qu'avec le Soir d'Algérie menacé de sanctions par le pouvoir algérien. Il y va du sort de centaines de journalistes et d'une cause, la liberté de la presse, plus que jamais dans la gueule du loup, en Algérie.

Lundi 26 mars 2007

Mohamed BENCHICOU:

Texte envoyé à :

Le Collectif pour la liberté de la presse en Algérie

 

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