Le
tribunal de Sidi-M’hamed a rendu, hier,
sa décision concernant les poursuites
engagées d’office par le ministère
public à l’encontre de 3 journalistes
de Liberté
pour répondre de l’inculpation d’offenses
au chef de l’État.
Farid
Alilat est condamné par défaut
à une année d’emprisonnement
ferme. Ali Dilem écope d’une amende
de 50 000 DA. Mustapha Hammouche bénéficie,
quant à lui, de la relaxe.
Ces décisions méritent un
commentaire non pas pour leur clémence
toute relative, car il y a sanction pénale,
mais par la perception que nous espérons
voir désormais soutenir le délit
de presse. Cette infraction devrait être
observée et appréciée
avec tolérance et raison étant
donné qu’elle se rapporte à
l’écrit, à la critique et
à la caricature, fut-elle corrosive
ou mordante.
Contrairement au cycle infernal de la répression
de ce délit et de son auteur, le
journaliste, mené tambour battant
par le pouvoir depuis plus d’une année
et tout particulièrement dès
l’incarcération de Ghoul Hafnaoui
et de Mohamed Benchicou, en passant par
les toutes récentes condamnations
de Fouad Boughanem et de Hakim Laâlam,
ces décisions pour peu qu’elles puissent
être soumises à l’analyse ne
manquent pas d’être perçues
comme l’expression d’un début de
reconsidération politique et juridique
du délit de presse.
Il est patent, aujourd’hui, que cette répression
effrénée ne sert pas l’État.
Elle le vide de ces alibis de liberté
et de respect des droits fondamentaux.
Plus grave, cette répression le confond
à un totalitarisme ne tolérant
aucune critique, ni opposition.
Pour le juge, la perception tolérante
du délit de presse ne manquera pas
de le libérer des pesanteurs politiques
que cette infraction colporte, comme elle
le prédispose à une assimilation
positive de la critique de l’écrit
et du trait de la caricature. Sans crier
victoire, ni afficher un quelconque satisfecit,
il y a matière à espérer
que ces décisions soient constitutives
d’une démarche nouvelle tenant compte
du rôle et de la mission du
journaliste, tout en respectant ses écrits
et ce, dans la limite de la vie privée
d’autrui et de l’honneur des autres.
Khaled
BOURAYOU, avocat |
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