La
condamnation de Omar Belhouchet et de notre
chroniqueur Chawki Amari à des peines
de prison ferme pose, encore une fois, la
question de la liberté de la presse
en Algérie. Cette liberté
a été malmenée par
les pouvoirs successifs malgré sa
reconnaissance par la Constitution. Deux
ans après son intronisation, Abdelaziz
Bouteflika renforce l’arsenal répressif
contre les journalistes, donnant ainsi un
aperçu clair de ses intentions réelles
à l’égard des libertés.
Aujourd’hui, les thuriféraires du
locataire d’El Mouradia cherchent à
imposer au peuple algérien une révision
de la loi fondamentale qui portera un coup
fatal à la démocratie déjà
balbutiante en Algérie.
Pour
cela, il est avant tout nécessaire
de museler toute voix discordante. C’est
donc à la presse critique à
l’égard du régime qu’il faut
s’attaquer en premier lieu. Sinon comment
expliquer l’acharnement du wali de Jijel
contre El Watan. Tout le monde sait que
selon les pratiques en vigueur dans notre
pays, aucun commis de l’Etat ne peut dire
ouf sans en référer à
sa tutelle. Nous en avons eu la preuve lorsque
le patron de la DGSN, M. Ali Tounsi,
s’estimant diffamé, a déposé
plainte contre notre journal, puis s’est
ravisé et l’a retirée. M. Yazid
Zerhouni, ministre de l’Intérieur
et des Collectivités locales, a pris
la relève pour que l’action en justice
ne s’éteigne pas. C’est dire que
l’acharnement judiciaire contre la presse
est un fait réel et pas une vue de
l’esprit. Autre preuve : un pauvre
correspondant d’Echourouk condamné
à verser une amende de 4 millions
de dinars ! Son salaire lui suffit
à peine à faire vivre sa famille.
Il est évident que le régime
est déterminé à s’acharner
contre toute forme d’opposition pour consolider
le pouvoir personnel et un système
dictatorial pourtant à l’agonie.
Il a également les partis et les
associations dans son collimateur. Ne vient-il
pas de leur reprocher leurs relations avec
les ambassades étrangères ?
Pourtant, c’est une pratique universelle
et il ne peut prétendre à
avoir le monopole du patriotisme. En faisant
condamner des journalistes à l’embastillement,
ceux qui nous gouvernent se ridiculisent
davantage et offrent d’eux-mêmes une
piètre image à l’étranger.
Apparemment, ça ne les dérange
pas, pourvu que le prix du pétrole
continue à grimper et que la rapine
se poursuit.
Tayeb
BELGHICHE |
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