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Le monde de la presse en Algérie

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Liberté de la presse en Algérie


 

Le rappel du charlatan

Les journalistes blasés et les patrons de presse “étouffés” par la perspicacité, ne réagissent plus. On regrettait déjà le constat amer, nous voilà maintenant dans le bon ton : condamner les abus faits à la profession, s’élever contre les harcèlements qu’elle subit ou simplement évoquer le vieux débat sur les délits de presse ne fait plus recette.  Il paraît même que cela relève de la ringardise. A voir les pincements de lèvres et les haussements d’épaules qui répondent aux rares sollicitations de solidarité encore visibles, on prendrait leurs auteurs pour des extraterrestres venus perturber la quiétude d’être installés dans le bonheur éternel. Normal, les fausses mobilisations parviennent rapidement à leur issue inéluctable : l’impasse. Il fut un temps, il est vrai où un semblant d’agitation à la Maison de la presse entretenait une certaine illusion.

Mais personne n’en était dupe pour une raison très simple. Dans ces rassemblements-contestations, il y avait tout le monde sauf les... journalistes. On y voyait les partis politiques les plus organiquement rachitiques et les plus médiatiquement présents, un mouvement en net déclin populaire, des avocats en mal de notoriété et des femmes en crise de perspective. Tout le monde pouvait faire son numéro sur les escaliers d’El Khabar devenus une tribune ouverte et les prétextes ne manquaient jamais. Les journalistes, orphelins d’un syndicat crédible, regardaient avant de s’en aller pour ne laisser que “les animateurs politiques” faire leur speech avant de répondre aux questions de quelques stagiaires chargés de “couvrir l’évènement.” Il y a eu Benchicou la belle affaire, Beliardouh le supplicié, le correspondant de Djelfa l’énigmatique, et quelques célébrations pompeuses. Depuis, plus rien. Les journalistes peuvent toujours aller en prison pour diffamation, les abus continuent, les harcèlements judiciaires n’ont jamais cessé mais personne n’en parle en dehors des journaux concernés qui, dans la plupart des cas, se contentent d’informer. Salima Tlemçani  et Omar Belhouchet qui viennent d’être condamnés à des peines de prison pour avoir appelé un charlatan un charlatan en sont la dernière illustration. Il y a assurément danger sur la presse quand sa liberté n’est pas dans les choix politiques du pouvoir. Le danger est encore plus grand quand les journalistes sont incapables de s’organiser et de se défendre.

Slimane LAOUARI

 

© La Dépêche de Kabylie du 24 décembre 2008

Le Collectif pour la liberté de la presse en Algérie



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