Le
tribunal de Sidi-M'hamed a prononcé,
hier, une condamnation de deux mois de prison
ferme et 250 000 DA d’amende à l’encontre
du directeur du quotidien Le Soir d’Algérie,
Fouad Boughanem, et du chroniqueur au sein
de la même publication, Hakim Laâlam,
pour offense au président de la République.
Dans
un communiqué, rendu public hier,
le journal considère que “cette lourde
condamnation pour délit de presse,
vient confirmer la volonté du pouvoir
de réprimer lourdement la liberté
de la presse et d’expression en Algérie
et ce, au moment même où l’opinion
publique nationale et internationale se
mobilise pour exiger la libération
de Mohamed Benchicou, le directeur du Matin,
incarcéré depuis près
d’un an”. La même instance judiciaire
a prononcé, hier, les verdicts dans
trois affaires pour diffamation qui mettent
en cause le quotidien El Khabar. Dans la
première affaire, qui oppose le journal
à l’ancien directeur de l’AADL, Kamel
Maïche, Ali Djerri, le directeur de
la publication, a été acquitté.
Dans la seconde affaire, M. Djerri et la
journaliste Saïda Azzouz ont été
condamnés à des amendes de
20 000 DA chacun, à la suite d’une
plainte de M. Lekhlef, le directeur de la
compagnie aérienne Ecoair, aujourd’hui
dissoute. Dans le troisième dossier
lié toujours à la diffamation,
le tribunal a condamné Ali Djerri
et la journaliste Samiha Kadri à
des amendes respectives de 10 000 et 50
000 DA. La journaliste, rappelons-le, ne
s’était pas présentée
devant le tribunal et a donc été
condamnée par défaut.
Par
ailleurs, la Fédération internationale
des journalistes a dénoncé
aujourd’hui les verdicts du tribunal d’Alger
condamnant le directeur du quotidien Le
Soir d’Algérie, M. Fouad Boughanem,
et le chroniqueur du journal, M. Hakim Laâlam
à deux mois de prison ferme pour
“offense au président de république”.
“La
justice algérienne affiche une nouvelle
fois sa compromission avec les autorités”
a déclaré Aidan White, secrétaire
général de la FIJ. “Ces vagues
de condamnations systématiques et
hebdomadaires rappellent, comme le ressac,
la déliquescence de l’état
de droit en Algérie”.
Hamid
SAÏDANI |
|