Dans
cet entretien qu’il a bien voulu nous accorder,
le directeur d’El Watan revient sur la condamnation
dont il a fait l’objet, de même que
son chroniqueur Chawki Amari. Pour lui,
ce verdict est la conséquence de
l’arsenal juridique réprimant le
délit de presse instauré il
y a quelques années. "Arsenal
injuste et à refaire" estime-t-il
notamment .
La
Dépêche de Kabylie : Après
le verdict prononcé, hier (avant-hier,
ndlr), peut-on avoir votre réaction
?
O.
Belhouchet : Je suis choqué
par cette décision sachant que c’est
une chronique et qu’il n’y a pas bien de
prononcer de peine contre ce genre d’écrit,
surtout que cela a été fait en
appel au niveau de la cour. Il y a des risques
que l’on aille en prison… même si je
considère que la justice n’a pas
à prononcer des peines de prison
ferme contre des journalistes.
Légalement,
peut-t-on condamner un délit de presse
pénalement ?
Légalement
oui. C’est
ça le
problème dans notre
pays. On s’est battu
en 2001 et en 2002 quand le
gouvernement a proposé à ce
que le délit de presse soit pénalisé
et que
les journalistes et les
directeurs des journaux aillent en prison
pour leurs écrits et cela a été
introduit dans la loi ; les juges se cachent
derrière ces nouvelles dispositions
de loi pour proposer des peines de
prison.
La loi est très
sévère
chez nous, il faut la refaire,
elle est injuste dans notre pays, s’agissant
des délits de presse. Nous sommes
l’un des rares pays au monde à avoir
une loi sur les délits de presse
aussi sévères. Il y a beaucoup
de
pays africains qui sont
dans des situations de transition démocratique
mais qui n’ont pas tout de même cet
arsenal juridique extrêmement sévère
contre les journalistes.
Prévoyez-vous
une action pour dénoncer ce verdict
?
Nos
avocats ont, ce matin (hier ndlr), introduit un
pourvoi en
cassation auprès
du tribunal de Jijel. La Cour suprême
va étudier dans les prochains jours
cette décision
du tribunal. Nous attendons
avec beaucoup de sérénité,
de sang-froid
et de calme la décision
de la Cour suprême. Quelle que soit
cette décision, nous la respecterons
même si elle doit nous mener en prison.
Nabila
BELBACHIR |