Sorti de prison
dans la nuit du samedi 18 juin, après
onze mois de détention préventive
et une relaxe prononcée par le juge
en début de soirée, Ahmed
Benaoum devra se présenter le 25
juin pour un procès en appel concernant
le local du journal Er Raï à
Maraval.
Cette affaire,
communément appelée SACOP,
suite à une plainte des services
des Domaines de la wilaya d’Oran, est déjà
passée en première instance,
et le concerné a été
condamné à une année
de prison ferme. Une autre affaire, pour
diffamation cette fois, attend le propriétaire
du groupe de presse le 22 juin. Le directeur
de publication du journal Er Raï, qui
a évoqué hier ses procès
pour étayer la thèse d’un
harcèlement dont est victime son
patron, atteste que, concernant le deuxième
cas, « cette fois, nous avons
demandé que le plaignant, l’ancien
chef de sûreté de wilaya, soit
présent à l’audience ».
Tout en étant satisfait du travail
de la justice, grâce notamment au
dénouement heureux du dernier procès
qui reste le plus important, le même
directeur de publication, qui cite en tout
16 plaintes déposées contre
son journal et l’autre publication (Le Journal
de l’Ouest), revient sur ces affaires pour
évoquer l’autre préjudice,
celui de la réputation qu’on a voulu
ternir. L’affaire de la ferme appartenant
au père de M. Benaoum a fait
l’objet d’une plainte pour faux et usage
de faux de la part des services agricoles.
Il a été condamné à
un an de prison en première instance
et à trois mois avec sursis après
introduction d’un appel. Plusieurs affaires
civiles ont été intentées
par l’OPGI dont le but était d’expulser
le journal des locaux qu’il occupe à
Sidi El Houari. Une plainte pour vol de
matériaux a été également
déposée par cet organisme,
mais le prévenu a été
acquitté comme il a bénéficié
d’un non-lieu dans l’affaire l’opposant
au même office concernant un local
vendu pour l’aménagement d’une clinique.
Des peines de 6 mois et 2 mois de prison
ferme ont été prononcées
suite à une plainte de la Direction
générale de la sûreté
nationale (DGSN). Des jugements, rappelle
le même interlocuteur, pour lesquels
une cassation a été introduite,
et l’affaire est au niveau de la Cour suprême.
Avant l’affaire l’opposant à l’administration
fiscale, M. Benaoum a déjà
été mis en garde à
vue en mai 2004 pour l’affaire du vol des
matériaux de construction, un fait
remontant au milieu de la décennie
1990 et pour lequel le directeur de publication
d’Er Raï a été également
mis en garde à vue, dit-il, pour
complicité. Ce dernier a finalement
été entendu en tant que témoin,
alors que son patron a été
libéré, mais un mandat d’arrêt
a été lancé contre
lui par la justice quelques jours plus tard.
Il passera plus d’une vingtaine de jours
en prison et sera libéré le
25 juillet 2004. Le 27 juillet, l’administration
des impôts Oran-Est dépose
plainte et, raconte-t-on encore, le lendemain
il sera arrêté chez lui vers
12h30 par la police qui s’est présentée
avec un mandat de perquisition. Il sera
arrêté pour évasion
fiscale et faux et usage de faux. Ce dernier
aspect porte sur la falsification d’un document,
les statuts de création d’une entreprise
de diffusion (Express) créée
en 1992. Hormis la non-correspondance avec
la copie délivrée par le notaire
et dont l’accusé (pour son salut,
car l’entreprise n’a pas activé)
avait gardé une copie, ses avocats
ont saisi par écrit le Centre national
du registre du commerce sur l’existence
de cette entreprise. Une réponse
est parvenue faisant état de la non-existence
de cette entreprise sur les fichiers du
CNRC pour une recherche couvrant la période
1984-2004. Le centre a signalé cependant
l’existence d’une société
similaire dénommée Express-Diffusion
créée en 2001. Ahmed Benaoum
a été acquitté et deux
représentants de Human Rights Watch,
sceptiques, ont tenu à rester jusqu’à
sa sortie de prison. Hier, ils devaient
s’entretenir avec lui. Présent à
l’audience au même titre que Hafnaoui
Ghoul, Ali Yahia Abdenour a confié
qu’il faut défendre le principe d’équité
et de la liberté de la presse au-delà
des préjugés idéologiques
ou autres. Il évoque, à titre
d’exemple, ceux qu’il a défendus
et qui, plus tard ou avant, ne l’avaient
pas ménagé par leurs critiques.
Djamel
BENACHOUR |
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