Trois
mois à peine après avoir promulgué
des mesures de grâce au profit des
journalistes condamnés
pour leurs écrits et dont les peines
d'emprisonnement ou d'amendes étaient
censées être totalement effacées,
le régime algérien semble
aujourd'hui regretter son geste et revenir
à son hostilité naturelle
à l'endroit de la presse.
Deux journalistes,
Arezki Ait Larbi, correspondant du Figaro
et Mourad Mhamed, journaliste d'El-Khabar,
sont actuellement poursuivis par la justice
et menacés de prison pour des écrits
datant pourtant de la période couverte
par les dites grâces dont le Comité
Benchicou pour les libertés avait
noté, en leur temps, le caractère
boiteux et politicien.
Arezki Ait Larbi,
qui vient d'apprendre qu'il était
sous le coup d'un mandat d'arrêt pour
un article datant de plusieurs années,
se voit privé de son passeport en
attendant le verdict du juge. Même
sort pour Mourad Mhamed,
poursuivi pour une information publiée
au début de l'année, déjà
relaxé en juillet mais convoqué
de nouveau par la justice le 30 octobre
prochain après appel du parquet.
Avec
la persécution qui frappe ces deux
journalistes, c'est toute la machine répressive
contre la presse libre qui est relancée,
en dépit des dénégations
du nouveau ministre de la Communication.
Le Comité
Benchicou pour les libertés
invite la corporation et l'opinion nationale
et internationale à réaliser
la gravité de la situation et à
faire barrage à une nouvelle vague
de harcèlement de la presse algérienne
qui risque de lui être fatale.
Ne
laissons pas seuls Arezki
Ait Larbi et Mourad Mhamed !
Les sauver des griffes de la justice algérienne
serait un immense triomphe pour les partisans
de la liberté en Algérie et
dans le monde.
Plus
que jamais, avec cet épisode, se
confirme que le salut définitif viendra
de la dépénalisation des délits
de presse en Algérie dont le Comité
Benchicou pour les libertés rappelle
qu'elle demeure une des revendications de
l'heure.
Le
Comité Benchicou pour les libertés |