Du
nouveau dans la caste des intouchables.
Après le wali de Blida, au Centre,
celui d’El Tarf, au bout, est sous les projecteurs
de la justice et sous toute réserve,
indique qu’une petite lessive est en train
d’être mise en marche pour laver ce
corps aux grosses tâches des représentants
régionaux de l’Etat. Dans ce scénario,
le prochain wali à être sur
la liste semble être celui de Jijel.
Accusé de tous les maux, dilapidation
des deniers publics, attributions de marchés
douteux et détournement de budgets
communaux, dans ces califats qui caractérisent
les régions éloignées
des centres de décision, il aurait
même été, détail
marquant, jusqu’à offrir un 4X4 de
la wilaya à sa maîtresse. Trompe-t-on
l’Etat quand on trompe sa femme ? Pas forcément.
Mais quand les maîtresses de walis
roulent dans les 4X4 de l’Etat à
l’heure où la plus petite voiture
de base coûte encore 4 ans de salaire
de base, il y a de quoi monter au maquis.
Pas celui de Jijel, mais celui du combat
contre l’impunité des fonctionnaires
désignés de l’Etat. L’ère
féodale des walis, qui après
avoir ruiné des wilayas sont souvent
mutés dans d’autres wilayas pour
faire la même chose, a touché
sa limite de l’acceptable. Pas de faux espoirs
pourtant, puisque les questions restent
entières. Qui nomme les walis ? Celui
qui les limoge. Qui limoge les walis ? Celui
qui les nomme. Qui déclenche des
enquêtes sur eux ? Le contre-pouvoir
judiciaire et policier étant ce qu’il
est, c’est-à-dire un simple soldat
du pouvoir exécutif, le mystère
est aussi obscur que la question de l’origine
du monde ; est-ce le système qui
a créé la corruption ou la
corruption qui a fabriqué le système
? Est-ce le président qui nomme les
walis ou les walis qui sont imposés
au président ? Répondre à
cette question de fonctionnement est déjà
comprendre pourquoi ne fonctionne pas le
pays le plus riche de sa région.
Chawki
AMARI |
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