Le
Soir d’Algérie : Le directeur
de la publication du quotidien algérien
Le Soir d'Algérie, Fouad Boughanem,
et le chroniqueur Hakim Laâlam, et
auparavant d'autres journalistes d'autres
titres, viennent d'être condamnés
pour délit de presse à des
peines d'emprisonnement ferme (2 mois).
Quelle réaction cette situation vous
suggère-telle ?
Aidan
white : Nous sommes furieux d’avoir
à constater ces nouveaux développements.
Il nous semble que les actions légales
intentées contre les journalistes
deviennent une affaire de routine hebdomadaire
en Algérie. Dès lors, on peut
s’attendre à une crise des médias
sans précédent depuis la fin
des attaques terroristes systématiques
contre les journalistes il y a dix ans.
L.
S. : Votre organisation, engagée
pour les libertés de la presse et
d'expression dans le monde, prévoit-elle
d'entreprendre des actions de soutien aux
journalistes et la presse algérienne?
A.
W. : Nous avons prévu
une réunion du comité exécutif
de la FIJ à Rome à la fin
du mois, et nous allons discuter des prochaines
initiatives à prendre. Nous souhaitons
certainement consolider le travail du bureau
que nous avons ouvert à Alger. Nous
aurons aussi à renforcer notre soutien
au SNJ. Il nous faut développer une
campagne aussi large que possible pour défendre
le journalisme indépendant et la
liberté de la presse. Le gouvernement
marche dangereusement sur les pas suivis
par la Tunisie, dans une logique d’intimidation
systématique des médias indépendants.
Ce chemin conduit inévitablement
à l’autocensure, à des médias
faibles et subordonnés, et à
un journalisme librement manipulé
par les forces politiques. Si cela arrive,
ce sera la fin de la démocratie.
L.
S. : De quelle manière
votre organisation compte-t-elle agir en
faveur de la dépénalisation
du délit de presse dans des pays
comme l'Algérie ?
A.
W. : Nous allons mener une
campagne vigoureuse auprès des organisations
internationales — l’Union européenne,
les Nations unies et son agence culturelle
l’Unesco, l’Union africaine — pour mettre
en lumière la gravité de la
crise qui frappe les médias en Algérie.
Dans tous les pays qui abusent la loi, celle
qui devrait être appliquée
contre des criminels mais qui est finalement
détournée contre les professionnels
des médias qui font honnêtement
leur travail, nous nous devons d’exposer
les stratégies politiques à
l’œuvre derrière ces persécutions.
Nous allons faire campagne pour la révocation
de ces lois iniques et exiger un engagement
clair des gouvernements pour qu’ils arrêtent
de prendre pour cible les médias
indépendants.
Propos
recueillis par :
Sofiane
AÏT-IFLIS |