Mohamed Benchicou,
directeur du journal Le Matin, sort aujourd’hui
de la prison d’El Harrach. Si la corporation
des journalistes pousse un ouf de soulagement,
l’homme aura été marqué
à vie.
Deux ans passés
dans une prison est une épreuve difficile
pour un homme qui ne s’était jamais
attendu à cela. Lui qui, précisément
avant son incarcération en juin 2004,
avait lâché crûment :
« Nous avons conscience de nos
erreurs et de nos faiblesses, l’essentiel
est d’y remédier pour l’avenir. »
Les 730 jours passés dans une cellule
auront cependant auréolé le
journaliste de plusieurs marques de soutien
au plan national et international. Il aura
également droit à plusieurs
distinctions qui, évidemment, ne
le compenseront pas d’une privation. La
liberté n’a pas de prix et Benchicou
l’a payée cher. Le prix Goldsmith
lui a été décerné
le 18 avril dernier à New York. Une
distinction qui récompense les écrivains
persécutés ou emprisonnés
dans leur pays. Il a reçu, en décembre
de l’année dernière, le prix
international de la liberté d’expression
2005 décerné par la revue
espagnole Voz d’El occidente. Dans ce drôle
de paradoxe, le journaliste, qu’il est,
sent une fierté de faire l’objet
de tant d’attention à l’intérieur
comme à l’extérieur du pays.
Une fierté qui sera consolidée
par la création d’un prix portant
désormais son nom. Deux journalistes,
un Algérien et un Marocain, recevront
de sa main le prix Benchicou de la plume
libre. Mais tout le monde attend avec quelle
manière Mohamed Benchicou reprendra
sa plume. Son journal étant fermé,
de quels atouts disposera-t-il pour relancer
le journal Le Matin et reprendre sa place
dans le champ médiatique. Un champ
qui aura connu, toutefois, des changements
notables durant ces deux dernières
années. Une autre épreuve
attend donc Benchicou dans sa reconquête
d’un espace d’expression qui lui sied après
une longue absence. Bon retour au confrère.
Salah EDDINE
BELABES |
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