Tous
ceux qui, hier matin, se sont déplacés
au tribunal d’Alger par solidarité,
pour suivre ou couvrir les neufs procès
en appel de Mohamed Benchicou, l’auront
fait en vain. Toute une journée d’attente
pour rien. Les amis et confrères
du journaliste incarcéré à
la prison d’El Harrach depuis plus d’une
année venus dans l’espoir d’entrevoir
un instant le directeur du journal Le Matin
sont repartis déçus après
que le juge de la cour d’appel eut prononcé
le renvoi des quatre dernières affaires
en rôle pour le 7 septembre.
Tous
ceux qui, hier matin, se sont déplacés
au tribunal d’Alger par solidarité,
pour suivre ou couvrir les neufs procès
en appel de Mohamed Benchicou, l’auront
fait en vain. Toute une journée d’attente
pour rien. Les amis et confrères
du journaliste incarcéré à
la prison d’El Harrach depuis plus d’une
année venus dans l’espoir d’entrevoir
un instant le directeur du journal Le Matinsont
repartis déçus après
que le juge de la cour d’appel eut prononcé
le renvoi des quatre dernières affaires
en rôle pour le 7 septembre.
Le
report est annoncé pour le 19 octobre
sans pour autant en justifier la raison.
Il en a été ainsi toute la
journée, puisque l’auteur de Bouteflika
une imposture algérienne devait comparaître
devant le juge pour neuf affaires. Aucune
n’a été traitée. Après
cela, difficile de croire que l’on ait oublié
de prendre les dispositions nécessaires
pour l‘extraire de sa cellule pour la «28ème
fois», comme le souligne le communiqué
du Collectif pour la liberté de la
presse qui dénonce l’acharnement
judiciaire contre l’irrévérencieux
journaliste. Un acharnement qui a fait l’essentiel
des discussions des citoyens qui hier se
trouvaient pour une raison ou une autre
à la salle des pas perdus de la cour
d’Alger. C’est que bon nombre d’entre eux
venus consulter les listes des affaires
enrôlées à la recherche
du nom d’un parent, d’un ami ou d’un proche,
incarcéré ou en liberté,
ont été surpris de trouver
huit fois sur une même liste, dans
l’ordre et dans le désordre le nom
de «l’accusé, Mohamed Benchicou».
Parfois seul parfois avec «ses co-accusées».
«Mohamed Benchicou : 4765, 4770, 4771,
4775, 4909, 4908, 49010 et 4911… Tant que
ça», s’est exclamé un
jeune qui, visiblement, ignorait que la
presse algérienne est trop souvent
confrontée à la justice pour
des écrits jugés insolents.
L’occasion pour lui de disserter sur la
question et déclarer en conclusion
ne pas comprendre que dans leur geste «de
mansuétude» en cette période
de réconciliation et de paix nos
gouverneurs oublient de faire un geste à
l’endroit des journalistes. « Et dire
que le président de la République
avait déclaré en 1999 qu’il
ne mettrait jamais un journaliste en prison,
et ne suspendrait aucun journal».
En 2005, Mohamed Benchicou est bel et bien
privé de liberté et Le Matin
suspendu. C’est aussi pour répondre
des articles et des enquêtes publiés
dans son journal que Benchicou devait comparaître
hier. Il avait fait appel pour les peines
d’emprisonnement ferme prononcées
contre lui et contre six de ses collaborateurs
dans les affaires intentées contre
lui par l’homme d’affaires émirati
Al Shorafa, et par le ministre de l’Energie
et des Mines. Il doit également répondre,
tout comme leurs auteurs, de caricatures
et de chroniques jugées diffamatoires
par le ministère de la Défense
nationale. L’une d’entre elles qui concerne
le caricaturiste le Hic, dont le procès
devait se dérouler hier, a été
programmée pour mardi prochain.
CONTRAIREMENT
A CE QUI A ETE DIT Le
journal “Le Matin” n’est pas en liquidation
Contrairement
à ce que nous avions écrit,
en reprenant un confrère, le journal
Le Matin n’est pas en liquidation. La question
n’est même pas à l’ordre du
jour, a tenu à nous préciser
l’un des actionnaires rencontré hier
au tribunal d’Alger. Il se trouve que trois
sur les sept actionnaires de l’entreprise
Le Matin ont saisi la justice pour non-tenue
de leur assemblée générale
depuis 1999. Cette dernière a nommé
un mandataire pour ce faire en l’absence
du gérant. Le mandataire «doit
veiller à la tenue de l’AG, c’est
en aucun cas un liquidateur judiciaire»,
précise notre interlocutrice. Une
action en justice a été entamée
selon une des actionnaires qui précise
que le mandataire avait «omis»
de convoquer tous les actionnaires, notamment
ceux qui avec Mohamed Benchicou détiennent
61% des actions.
Saïda
AZZOUZ |
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