Le
procureur de la cour d’appel d’Alger a requis
la peine maximale — deux ans de prison ferme
— pour diffamation à l’encontre de
Mohamed Benchicou qui comparaissait hier
devant cette juridiction pour deux procès
l’opposant au ministère de la Défense
nationale, MDN. Verdict la semaine prochaine.
Poursuivis
pour des chroniques publiées en 2002
et jugées diffamatoires par le MDN
parce que évoquant les généraux,
le directeur du journal Le Matin, le chroniqueur
Sid Ahmed Semiane (S.A.S) et la publication
Le Matin, suspendue depuis plus d’un an,
avaient été condamnés
en première instance à des
amendes. “Benchicou, pourquoi avez-vous
fait appel ?”, interpelle sur un ton mi-ironique
mi-provocateur le président de la
cour le Monsieur qu’il avait en face de
lui : le journaliste Mohamed Benchicou.
“Parce que je suis convaincu qu’il n’ y
a pas de diffamation dans ces écrits
! “, répond d’un ton serein tranchant
le journaliste qui vient de boucler son
16e mois de détention à la
prison d’El Harrach. Malgré une fatigue
physique plus qu‘évidente, le directeur
du Matin défend sans faiblir la liberté
de la presse, et le devoir de dire, quitte
à déplaire. Trois autres procès
opposant Le Matin au MDN, programmés
une première fois le 7 septembre
dernier, prévus pour l’audience d’hier,
ont été renvoyés au
30 novembre prochain. Les procès
en appel, suite à la condamnation
en première instance, de plusieurs
journalistes du Matin à des peines
de prison ferme dans l’affaire Shorafa et
Chakib Khelil, ont été renvoyés
sin die à une autre chambre. L’un
des assesseurs du président de la
cour se trouve être le magistrat qui
a instruit ces deux affaires.
Saïda
AZZOUZ |
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