Le
prix Benchicou de la Plume Libre pour l’année
2006 a été décerné
conjointement à Ali Lemrabet et Bachir
Laârabi. Le journaliste marocain Ali
Lemrabet, actuellement correspondant du
journal espagnol El Mundo, est sous le coup
d’une interdiction d’écrire pour
une période de 10 ans dans son pays.
En 2003, il avait été condamné
à 3 ans de prison ferme pour offense
à la monarchie (marocaine) et atteinte
à l’intégrité territoriale.
Après
7 mois de détention ponctuée
de deux grèves de la faim pour dénoncer
ses conditions de détention et arracher
le statut de prisonnier d’opinion, Ali Lemrabet
est grâcié par le roi Mohammed
VI et libéré suite à
une campagne internationale. Devant l’impossibilité
de relancer les hebdomadaires satiriques
Demain Magazine et Doumane, interdits de
paraître depuis 2003, qu’il avait
fondés en 2000-2001, Lemrabet se
lance en 2005 dans de projets éditoriaux.
Ceux-ci sont arrêtés net par
une nouvelle accusation d’atteinte à
l’intégrité territoriale qui
lui interdit, pour 10 ans, d’exercer au
Maroc. Bachir Laârabi, correspondant
du quotidien El Khabarà El Bayadh,
a été arrêté
et mis en prison pendant un mois en janvier-février
2006, suite à un procès en
diffamation intenté par les autorités
de la wilaya de Naâma, entre autres.
Le journaliste est en outre poursuivi dans
huit autres procès liés aux
délits de presse. Alors qu’il accomplissait
son travail de journaliste, Laârabi
a été agressé par un
agent de l’ordre en mai dernier. Le prix
Benchicou de la Plume libre a été
institué en 2005 par le Comité
Benchicou pour les libertés, pour
honorer, chaque 14 juin, un journaliste
qui sera distingué par son courage
et la défense de la liberté
d’écrire. Il marque la date de la
mise en détention arbitraire de Mohamed
Benchicou, directeur du quotidien Le Matin,
condamné en juin 2004 à 2
ans de prison ferme suite à une machination
judiciaire. Le Matin a disparu des kiosques,
quelques semaines seulement après
l’emprisonnement de Benchicou. Le prix Benchicou
de la Plume libre est revenu en 2005 au
chroniqueur Hakim Laâlam du Soir d’Algérie,
lui-même sous le coup d’une lourde
condamnation à la prison ferme pour
ses écrits, à l’instar d’une
vingtaine de journalistes algériens.
Alger,
le 11 juin 2006 Le Comité
Benchicou pour les Libertés |
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