La
Cour suprême, auprès de laquelle
le collectif de la défense de Mohamed
Benchicou ainsi que le ministère
public avaient introduit, chacun de son
côté, en août 2004, des
pourvois en cassation, a rendu son verdict
hier. L’institution a en effet prononcé
le rejet des deux appels. Elle a dû,
pour ce faire, mettre près de deux
années.
Le
verdict, rendu hier, intervient, il est
important de le faire remarquer, à
un mois et demi de la libération
de Mohamed Benchicou. Condamné à
deux années de prison ferme et détenu
à la prison d’El Harrach, Benchicou
aura en effet purgé l’intégralité
de sa peine, le 14 juin prochain. De sorte
que la décision de la Cour suprême
ne sera d’aucune influence sur la détention
de notre confrère. Elle l’aura peut-être
été si elle était intervenue
plus tôt, en ce sens qu’elle aurait
consacré un jugement définitif
et, partant, une éligibilité
à la grâce. Me Benarbia, membre
du collectif de la défense de Mohamed
Benchicou, souligne, à juste titre,
cet aspect qu’il prolonge d’une appréciation,
d’un commentaire : «Sur le plan du
fond, on ne peut pas se prononcer. En revanche,
sur le plan de la forme, l’affaire a pu
évoluer sans incidents de parcours,
à part l’épisode du «dossier
perdu», jusqu’aux termes de la peine
infligée. On ne peut mieux faire
dans la lenteur pour que la peine infligée
garde son caractère d’autorité
de la chose décidée, de sévérité,
d’irréversibilité et surtout
d’exemplarité à l’égard
de toutes les plumes audacieuses. Ceci étant,
la mobilisation de l’opinion internationale,
les prix internationaux dont Benchicou fut
gratifié par de célèbres
fondations connues pour leur combat pour
la liberté de la presse demeurent
autant de témoignages qui confirment
que Mohamed Benchicou a toujours été
l’auteur d’un délit d’opinion.»
Depuis son incarcération à
la prison d’El Harrach, Mohamed Benchicou
a été lauréat de plusieurs
distinctions internationales. La dernière
en date est celle que lui a attribuée
la fondation Barbara Goldsmith, qui décerne
annuellement un prix pour les écrivains
qui auront émergé par leurs
plumes et leurs engagements. Mohamed Benchicou
a été condamné le 14
juin 2004 par le tribunal d’El Harrach.
La peine a été confirmée
par la cour d’appel d’Alger le 11 août
de la même année. Le collectif
de la défense et le ministère
public ont, chacun de son côté,
introduit un pourvoi en cassation. C’était
quelques jours après que la cour
d’appel d’Alger eut rendu son arrêt.
Le samedi 30 juillet 2005, soit près
d’une année plus tard, le collectif
de la défense alerte l’opinion publique
sur «l’égarement» du
dossier qu’il avait introduit par la chambre
idoine de la Cour suprême. La réaction
de la Cour suprême n’a pas été
prompte. Ce n’est que bien plus tard qu’elle
a informé que le dossier a été
retrouvé. Elle a pris, cet épisode
clos, tout son temps pour statuer sur les
pourvois concernant l’affaire Benchicou
introduits auprès d’elle. Jusqu’à
hier pour se prononcer.
Saïda
AZZOUZ |
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