Dans
des moments de colère, les gens laissent
libre expression à leur vocabulaire.
Ils enchaînent les phrases l’une après
l’autre sans se rendre compte. Mais dans
des moments de joie où l’émotion
est forte, les personnes se contentent de
sourire, de faire un soupir de soulagement
et n’étalent pas trop les mots. C’est
ce qui s’est passé hier, à
la Maison de la Presse Tahar- Djaout lorsque
plusieurs personnes ont été
approchées pour donner leurs réactions,
concernant la libération de Mohamed
Benchicou. Sourire entre les lèvres,
des Algériens ont bien voulu exprimer
en quelques mots leur joie.
Ali Yahia Abdenour,
avocat et ex- président de la
Ligue algérienne pour la défense
des droits de l’homme : «Nous
sommes contents pour la libération
de Benchicou, pour lequel nous souhaitons
un bon repos, avant de reprendre son
contact avec la société.
Mohamed était dans une petite
prison mais là il va rentrer
dans la grande prison qui est l’Algérie.
Le combat doit être maintenant
collectif pour rétablir la souveraineté
du peuple. Il faut que les démocrates
s’attachent à la liberté
des libertés, car c’est ce qui
permet au peuple d’exister et ne pas
être réduit à un
sujet. Ainsi, je dirai que le combat
continue pour les droits de l’homme.
Benchicou représente une figure
importante pour ce mouvement. Nous serons
toujours là pour lui et pour
tous les démocrates pour que
le régime en place depuis 1962
cède enfin la place à
un régime démocratique.»
Hocine Zehouane,
président de la LADDH : «Je
suis ici, à la Maison de la Presse,
pour partager cet événement
important qui est la libération
de Mohamed Benchicou. J’espère
qu’il retrouvera sa famille dans des
meilleures conditions, qui lui permettent
un retour en tant que citoyen et militant.»
Salah Hannoun,
membre du collectif des avocats de Mohamed
Benchicou : «Tout en se réjouissant
que Mohamed Benchicou retrouve sa liberté,
je pense que l’arbitraire de l’Etat
qui l’a frappé a été
consommé jusqu’au bout. A nous
de comprendre qu’il n’y a rien à
attendre de positif de la part de ce
pouvoir qui n’a comme objectif que la
normalisation dictatoriale, notamment
par la mise au pas de toutes les libertés.
Nous souhaitons que Benchicou reprenne
au plus vite son engagement pour les
libertés et pour la démocratie.»
Mohamed A.,
ex-correspondant du Matin à Mascara
: «J’ai fait le déplacement
de Mascara jusqu’ici pour ne pas rater
ce grand jour que nous attendions depuis
longtemps. Mohamed Benchicou est pour
nous plus qu’un directeur, un symbole
de la liberté de la presse et
d’expression.»
Messaoud,
ex-employé du Matin : «Nous
avons compté les jours avec lui
et aujourd’hui c’est notre jour à
tous. Nous sommes heureux. C’est un
grand plaisir de le voir et de le savoir
en liberté.»
Citoyen,
âgé de 80 ans : «Si
je suis là, c’est pour voir Benchicou.
Notre présence suffit. Sinon,
à mon âge je n’ai plus
rien à exprimer. Nous sommes
aujourd’hui dépassés par
les événements. Mais il
me tient à cœur de remercier
Le Soir d’Algérie de ne pas avoir
oublié Benchicou pendant ces
deux années.»
Citoyenne,
54 ans : «Un homme brave et honnête
a été injustement emprisonné,
alors que des criminels sont en liberté.
Je m’incline devant Benchicou, pour
son courage et sa loyauté. Rien
qu’à le voir, cela nous donne
de l’espoir que le système en
place puisse changer un jour. Que la
justice soit faite et que les criminels
soient jugés pour leurs actes.
Un pays où règne l’injustice
ne pourra jamais avancer.»
Propos
recueillis par :
Rosa
MANSOURI |
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