
Disparition du dossier de cassation de Benchicou
La FIJ dénonce et appelle à une réaction internationale
L’égarement
(?!) au niveau de la Cour suprême du dossier de pourvoi en cassation introduit
par la défense du journaliste Mohamed Benchicou n’est pas resté
sans soulever des réactions au niveau international. Le mardi 2 juillet,
la Fédération internationale des journalistes (FIJ) a dénoncé
«le silence coupable» des autorités algériennes, après
la révélation de la disparition faite par les avocats du journaliste.
La fédération, qui a fait
sienne le combat pour la libération de Mohamed Benchicou et pour la liberté
de la presse et d’expression en Algérie, en général, a,
par l’intermédiaire de son secrétaire général, Aidan
White, estimé «qu’un dossier ne disparaît pas de la Cour
suprême». Aussi a-t-elle pris acte de ce que «cette affaire
confirme on ne peut mieux l’état de déliquescence avancé
de l’appareil judiciaire en Algérie». Ce qui lui fait dire par
ailleurs qu’«au-delà du burlesque de cette tragi-comédie,
nous avons affaire ici à une attaque délibérée et
insidieuse visant à briser les droits fondamentaux d’un journaliste».
Pour la Fédération internationale des journalistes, la disparition
du dossier de pourvoi en cassation de Mohamed Benchicou réduit les chances
de voir le procès révisé. «Après une année
d’attente, la disparition du dossier, qui est en soi un fait inédit dans
les annales de la justice algérienne, vient réduire toutes les
chances de voir le procès du journaliste révisé»,
a-t-elle noté, ajoutant qu’«à l’heure où les Etats
du monde libre réclament une mise à niveau des lois algériennes,
les autorités du pays continuent impunément à bafouer les
lois garantissant au peuple algérien son droit fondamental à une
presse libre et à la liberté d’expression». La FIJ appelle
la communauté internationale à réagir face à ce
«déni de justice et face à la multiplication des attaques
contre les derniers défenseurs de la liberté de la presse».
Rappelons que Mohamed Benchicou est détenu à la prison d’El-Harrach
depuis le 14 juin 2004. Il a été condamné à une
peine de deux années d’emprisonnement ferme. Depuis, il n’a cessé
de faire des va-et-vient entre la prison et le tribunal pour être jugé
dans plusieurs autres affaires relevant du délit de presse. Ses avocats
ont dénoncé le samedi 30 juillet la disparition du dossier du
pourvoi en cassation qu’ils avaient introduit auprès de la Cour suprême.
Ils ont affirmé que le ministère de la Justice qu’ils ont saisi
est resté de plomb.
Sofiane AÏT-IFLIS
© Le Soir d'Algérie du 08 août 2005
Le Collectif pour la liberté de la presse en Algérie

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