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Libérez Benchicou !

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Liberté de la presse en Algérie


 Notre solidarité agissante avec Mohamed Benchicou

Mohamed Benchicou lauréat du Prix international de la liberté d'expression 2005 "Voz del Occidente" / Espagne

"Mohamed Benchicou, que vous avez choisi de distinguer aujourd'hui, est un homme qui lutte au milieu de son peuple"

version originale          versión española

Lors de la remise du Prix international de la liberté d'expression 2005, entre autres, de La Voz de occidente à Oviedo (Asturies, Espagne), décerné à Mohamed Benchicou... Un clic pour agrandir la photo !Mesdames et Messieurs, chers amis, bonsoir,

C’est un plaisir et un honneur pour ma mère et pour moi-même d’être présentes ce soir pour partager avec vous ces moments d’amitié et de solidarité à l’invitation de M. Pinero, directeur de la revue la Voz Del Occidente que nous remercions chaleureusement. Mohamed Benchicou, mon père, journaliste emprisonné par le pouvoir algérien pour délits d’opinion depuis 18 mois, que vous honorez ce soir en lui décernant le Prix de la liberté d’expression, m’a chargée de vous transmettre ce message amical et fraternel et confraternel : “Quand j’ai appris de la prison d’El Harrach, à Alger, votre décision de m’attribuer le Prix de la liberté d’expression, j’ai eu un soupir de reconnaissance pour mes confrères espagnols avec lesquels j’ai toujours entretenu d’agréables et fructueuses relations mais aussi pour l’Espagne démocratique et éternelle qui a toujours su être attentive aux luttes et aux souffrances algériennes. L’Espagne de Picasso immortalisant sur sa toile, avec génie, une héroïne de la guerre de Libération algérienne, Djamila Boupacha ; l’Espagne de Federico Garcia Lorca dont la poésie a irrigué de courage les résistances algériennes. Sans doute parce que nous avons versé le même sang et les mêmes larmes contre les mêmes bourreaux — hier le colonialisme et la dictature, aujourd’hui le terrorisme —, sommes-nous à présent unis par les mêmes épreuves douloureuses, les mêmes espoirs aussi… Merci à vous et à cette Espagne-là.”

Chers amis, Mohamed Benchicou, que vous avez choisi de distinguer aujourd’hui, est un homme qui lutte au milieu de son peuple. Sa condamnation à deux ans de prison ferme par le régime d’Alger et son incarcération brutale sont le prix payé pour avoir exprimé ses idées et ses opinions dans ses écrits. Mohamed Benchicou est en prison depuis 18 mois pour avoir également osé publier, en Algérie et en France, un livre critique sur le président Bouteflika, un livre toujours interdit de vente en Algérie qui dévoile l’imposture et les abus du pouvoir. Il est en prison pour avoir dirigé le quotidien Le Matin, un journal à grand tirage opposé à la politique d’islamisation sournoise de la République menée par ce pouvoir, engagé dans la résistance anti-terroriste et anti-islamiste, un journal à large audience populaire, porte-voix des luttes démocratiques citoyennes et qui a été suspendu par décision politique un mois après l’incarcération de son fondateur. Mohamed Benchicou est en prison pour avoir révélé des affaires de corruption qui impliquent des personnes du pouvoir. Il est en prison pour avoir donné la parole à un citoyen qui accuse l’actuel ministre de l’Intérieur de l’avoir torturé pour le déposséder de son bien. Malgré des conditions carcérales éprouvantes pour son état de santé, mon père continue de résister et vous exhorte à voir au-delà de sa personne.

De sa prison, il vous dit ceci : “Je vous invite à regarder en direction de cette Algérie, mon pays qui glisse vers la dictature. Je vous demande aussi d’être attentif au sort de tous nos camarades et amis du Maghreb, journalistes et militants tunisiens et marocains, libyens et mauritaniens, livrés au despotisme de régimes politiques liberticides, de soutenir leur combat pour sortir de ces systèmes intolérables. Oui, regardez vers mon pays l’Algérie. A une heure d’avion de l’Espagne, une dictature est en train de s’installer avec son lot de sang et de répression et je n’en suis qu’une des dizaines de milliers de victimes. Le pouvoir politique algérien veut faire revenir mon pays à l’époque du parti unique dont il a la nostalgie et qu’il compare à celui de Franco dont il tire référence. Il cherche à éliminer le multipartisme, les libertés syndicales, la liberté d’expression et tous les acquis arrachés par notre peuple en 43 années de lutte. Les Algériens refusent et résistent, le pouvoir réprime dans le sang et par la prison : des citoyens meurent sous les balles de la répression. Il ne se passe pas un jour sans que des journalistes, syndicalistes, militants des droits de l’homme ou simples citoyens révoltés dans de nombreuses villes d’Algérie soient condamnés à la prison par une justice aux ordres. La distinction dont m’honore aujourd’hui la Voz del Occidente a une haute valeur symbolique pour tous les Algériens. Elle incite au devoir de solidarité et de soutien actif des démocraties et de l’opinion publique européenne envers le peuple algérien dans son combat pour les libertés, la justice et le progrès. En me décernant votre prix, ce sont des millions d’Algériens qui se battent pour leur dignité que vous choisissez de soutenir. Ce sont des millions d’Algériens qui ont résisté au terrorisme et qui ne veulent ni d’un Etat islamique ni d’un Etat policier et maffieux que vous honorez. Je vous en suis reconnaissant autant pour eux que pour moi. Merci à la Voz del Occidente et à tous mes confrères espagnols.”

26 novembre 2005

Nassima BENCHICOU

 

© Le Collectif pour la liberté de la presse en Algérie, 26 novembre 2005

Le Collectif pour la liberté de la presse en Algérie



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