“Au-delà
de la philosophie des libertés et
de la politique, il y a quelque chose qui
ne va pas”, dira la défense du directeur
du Matin qui souligne que le pourvoi de
Benchicou date depuis une année.
“C’est
une bonne chose que la procédure
reprenne son cours normal” ; c’est ainsi
que Me Benarbia, membre du collectif de
la défense du directeur du journal
Le Matin Mohamed Benchicou, qui purge à
la prison d’El-Harrach son 14e mois d’une
peine de deux ans qui lui a été
infligée, a commenté hier
la déclaration du président
de la Cour suprême qui annonçait
la veille la réception du dossier
de pourvoi. Ce que nous demandons, dira
l’avocat, “c’est que les droits les plus
élémentaires du détenu
soient respectés”. Cela n’a pas été
le cas, laisse-t-il entendre cependant en
soulignant que “le pourvoi en question date
d’une année alors que M. Benchicou
est détenu dans des conditions difficiles
et attend depuis que son pourvoi soit évacué.
Il y a péril en la demeure”, déclare-t-il.
“Limitons-nous
à la logique purement judiciaire,
et laissons la philosophie des libertés
et la politique de côté, il
y a quelque chose qui ne va pas”, indique
Me Benarbia pour qui le problème
ne se pose pas uniquement au directeur du
journal Le Matin. “C’est un problème
de droit”, dira-t-il encore en mettant l’accent
sur la nécessité d’évacuer
toutes les voies de recours pour les détenus.
Il faut introduire de nouvelles dispositions
législatives pour régler cette
question estime, par ailleurs, l’avocat
qui garde l’espoir de voir une issue heureuse
pour le dossier. “La loi nous offre cette
possibilité de voir le pourvoi aboutir,
l’état du dossier et la loi plaident
pour cela”. Il y a deux semaines, Me Benarbia
et les autres membres du collectif de défense
de Mohamed Benchicou dénonçaient
la mystérieuse disparition du dossier
de pourvoi. Lors d’une conférence
de presse qu’ils ont animée, le 30
juillet dernier, ils avaient souligné
que “cette situation inédite serait
constitutive, si elle se perpétuait,
d’un déni de justice caractérisé
et sans précédent dans notre
pays”.
Le
collectif de défense s’en remettait
alors au président de la République,
garant du respect des lois, “pour mettre
un terme à ce grave dysfonctionnement
dont elle (la Cour suprême) veut croire
qu’il est involontaire, mais qui heurte
violemment les principes les plus élémentaires
qui gouvernent notre droit”. Tous les responsables
concernés, le ministre de la Justice,
le président et le procureur général
de la Cour suprême ont été,
en effet, saisis, mais sans que cela ne
donne aucun résultat. Ce n’est qu’avant-hier
qu’un communiqué signé par
le président de la Cour suprême,
Mohamed Boutarène, annonce que le
dossier de Benchicou a été
réceptionné par le service
du greffe. Il subira, selon lui, “le même
traitement que les autres pourvois conformément
à toutes les dispositions légales”.
Karim
D. |
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