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procès en diffamation en l’espace
d’une année, plusieurs condamnations
à la prison ferme, 9 procès
en appel pour délit de presse, programmés
pour la seule journée du 7 septembre
2005, et pour couronner le tout, un dossier
de pourvoi en cassation “égaré
à la Cour suprême” : voilà
qui traduit bien la volonté d’un
régime déterminé à
en finir avec un homme, Mohamed Benchicou,
devenu “ennemi public n°1” parce que
journaliste.
Aveuglés,
en effet, par une basse revanche d’appareils,
les maîtres du moment viennent de
commettre ce qui s’apparente à une
forfaiture, celle de faire disparaître
le dossier de justice d’un détenu
au mépris de la loi qui garantit
un traitement égal aux citoyens devant
la justice, confirmant par là-même
que Mohamed Benchicou, enfermé à
El-Harrach pour une sombre affaire de “bons
de caisse”, est bel et bien un détenu
politique poursuivi et condamné pour
délit d’opinion. Ce déni de
justice commis à l’endroit de Mohamed
Benchicou est doublement scandaleux, en
ce qu’il prive un citoyen de ses droits
fondamentaux et compromet gravement la justice,
à l’heure où les pouvoirs
publics se disent engagés dans la
voie des réformes, en particulier
celle de l’institution judiciaire. Le Comité
Benchicou pour les libertés réaffirme
haut et fort sa détermination à
continuer à agir pacifiquement, en
usant de tous les moyens qu’offre le droit
et dans le respect des lois de la République,
pour empêcher le règne de l’arbitraire
et du non-droit. Le Comité Benchicou
pour les libertés continue, sans
faiblir, à réclamer : 1/ Qu’il
soit mis fin à cette situation de
non droit qui n’a que trop duré et
que Mohamed Benchicou soit libéré,
mettant en garde contre tout préjudice
pouvant affecter l’intégrité
physique ou morale du journaliste Mohamed
Benchicou et prenant à témoin
l’opinion nationale et internationale. 2/
Qu’il soit mis un terme définitif
à la répression de la presse
et au harcèlement juridicopolicier
des journalistes. Il appelle : 1/ Les pouvoirs
publics à s’engager solennellement
et par les actes à respecter et promouvoir
la liberté de la presse, en abolissant
les articles liberticides (144 bis) contenus
dans le code pénal et en adoptant
une loi qui protège la liberté
de la presse, en remplacement de l’actuel
code de l’information. 2/ Les instances
onusiennes concernées ainsi que les
ONG de défense des droits humains
à exiger de l’Etat algérien
qu’il se conforme aux conventions et pactes
internationaux ratifiés, relatifs
à la liberté d’expression
et la liberté de la presse. 3/ Les
partenaires politiques et économiques
de l’Etat algérien, en particulier
l’Union européenne, à user
de toute leur influence pour le respect,
par les pouvoirs publics, de la liberté
d’expression et la liberté de la
presse en Algérie, tel que l’imposent
les accords qui fondent leurs relations
en matière de politique étrangère
et les principes officiellement proclamés
par leurs plus hauts dirigeants politiques.
Alger,
le 6 août 2005 Le
Comité Benchicou pour les libertés
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