Le
dircteur du journal algérien Le Matin
est emprisonné depuis plus d'un an
et demi à El Harrach.
Directeur
du quotidien algérien le Matin, Mohamed
Benchicou est en prison à El-Harrach
depuis le 14 juin 2004. Un dossier jugé
suffisamment « lourd »
par l'ONU, qui devrait dépêcher
prochainement un membre de sa commission
des droits de l'homme enquêter sur
le châtiment exemplaire, politique,
infligé à l'auteur de Bouteflika,
une imposture algérienne. Il y a
urgence en effet. Benchicou cumule à
la privation de la liberté pour une
période de deux ans, et peut-être
plus encore, le fait d'être malade,
sans possibilité d'accéder
à des soins médicaux dignes
de ce nom. L'oiseau est en cage et on lui
a coupé les ailes de la liberté
d'expression et de pensée, autant
de libertés durement et chèrement
conquises par les Algériens dans
leur lutte pour l'indépendance. Le
quotidien le Matin est connu en Algérie
pour son expression sans entraves et sa
ligne éditoriale indépendante
du pouvoir, bref pour sa façon de
concevoir une Algérie républicaine
et laïque. Né dans le tourbillon
de la libération de la presse, aboutissement
des manifestations sociales des années
quatre-vingt, ce journal n'a cessé
depuis, comme de nombreux autres titres,
d'être méthodiquement harcelé
et ses journalistes inquiétés.
Quoi de plus tentant de la part du régime
algérien que de mettre au pas ceux
qui doutent, preuves à l'appui, de
la sincérité démocratique
de Bouteflika, dont l'histoire mensongère
a été précisément
exhumée par Benchicou ? Et comment
mieux museler les militants d'une Algérie
de citoyens affranchis, autant du pouvoir
politique que du spectre de l'islamisme,
sinon en leur cherchant des poux ?
Benchicou est tombé pour une obscure
affaire de bons de caisse fabriquée
de toutes pièces, selon maître
Ali Yahia Abdenour, l'ancien président
de la Ligue algérienne -de défense
des droits de l'homme. Et le Matin a dû
fermer après avoir été
volontairement asphyxié. La situation
est criante d'injustice. C'est le glaive
de la loi qui s'abat sur les têtes
de ceux qui luttent. C'est si vrai qu'au
moment où Benchicou dépassait
le cap de ses 500 jours de captivité
Bouteflika faisait libérer, au nom
de la « concorde nationale »,
des milliers d'islamistes. Ceux-là
mêmes qui ont laissé dans une
marre de sang une soixantaine de journalistes
combattant la plume à la main. Depuis
plusieurs mois, notre journal a lancé
une campagne pour la libération immédiate
de Mohamed Benchicou et la relaxe des journalistes
algériens condamnés, ceux
du Matin, du Soir d'Algérie et de
Liberté (1). Reporters sans frontières
exige également ces libérations.
Leur délivrance, c'est notre affaire
à tous.
Bernard
DURAUD
(1)
Pour le Matin : Youcef Rezzoug, rédacteur
en chef, Hassane Zerrouky, également
journaliste à l'Humanité,
Abla Cherif, Yasmine Ferroukhi. Pour le
Soir d'Algérie : Hakim Laalam,
chroniqueur, Fouad Boughanem, directeur.
Pour Liberté : Farid Allilat.
Ainsi que Ali Dilem caricaturiste à
Liberté. |
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