« Ceux
qui veulent me poursuivre en justice sont
libre de le faire. Je n’ai peur de rien.
Je n’ai peur de personne. » Ainsi
parle Madani Mezrag, ci-devant chef de l’armée
des intégristes, aujourd’hui paisible
citoyen reluisant de paix et de concorde.
Cette surprenante invitation à être
mené devant la justice, à
laquelle il sait qu’aucun magistrat ne répondra,
est lancé après l’aveu que
le boucher en chef de l’AIS a tué
de ses propres mains.
Il
ne le cache pas. Il le clame haut et fort.
Il prend même un certain plaisir à
exhiber ce résidu d’humanité
en confiant que, ayant tué un jeune
soldat de l’armée de la République
et l’ayant délesté de son
arme, il détestait ce Kalachnikov
qui lui rappelait « les râles
de ce militaire au moment où il rendait
l’âme ». Ce n’est pas tout.
Il nous apprend, avec une morgue que ceux
qui lui ont donné le doight et dont
il prend le bras méritent, que les
« prisonniers » de
l’armée des intégristes étaient
systématiquement tués. Bien
sûr, le résidu d’humanité
vibre encore une petite minute, juste le
temps de dire que « sur le plan
humain, cela me touchait ». Cela
le touchait comment ? Il ne le dit
pas. Par contre, « le chef de
guerre », lui, a les mots idoines :
« je ne devais pas m’encombrer
d’états d’âme. Il fallait tuer
ou être tué ». L’ennui,
c’est qu’il a tué et qu’il n’a pas
été tué. Il est même
libre comme l’air, à plastronner
dans son habit de tueur qui se prend pour
un Zorro d’une cause juste. Et, pendant
ce temps, Mohamed Benchicou croupit dans
les geôles de la paix et la concorde.
Arezki
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