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Libérez Benchicou !

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Liberté de la presse en Algérie


 Notre solidarité agissante avec Mohamed Benchicou

Presse

Benchicou boucle son 500e jour en prison

Mohamed Benchicou, intellectuel et brillant journaliste algérien, boucle son 500e jour en prisonMohamed Benchicou, journaliste et directeur de la défunte publication Le Matin, boucle aujourd’hui 500 jours de prison. Il a été condamné le 14 juin 2004 à une peine ferme de deux années, assortie d’une amende de 20 millions de dinars.

Sa condamnation a suscité colère et indignation dans le monde. Des journalistes et des militants des droits de l’homme se sont mobilisés tant au niveau national qu’international pour exiger sa libération. En vain. Le pouvoir algérien était déterminé à aller jusqu’au bout de « sa machination politico-juridique », comme la qualifiaient les avocats de la défense. Pourquoi Benchicou a été mis en prison ? Flash-back. Le 18 août 2003, le journal Le Matin est suspendu par les autorités avec quatre autres quotidiens indépendants, dans un contexte marqué par une fièvre préélectorale présidentielle de 2004. Quelques jours plus tard, Mohamed Benchicou, qui venait de rentrer d’un voyage à l’étranger, a été interpellé à l’aéroport d’Alger par des agents de la police des frontières. Ceux-ci, selon même leurs dires, ont reçu l’ordre de le fouiller. Mais ils n’ont trouvé dans son porte-documents que des papiers personnels, dont un carnet de chèques et 13 bons de caisse d’une valeur de 11 700 000 DA. Ils les lui ont restitués sur place, avant qu’ils le laissent partir. Mais ils l’ont apostrophé, quelques minutes plus tard, pour fouiller à nouveau dans ses papiers personnels et les photocopier sans, toutefois, établir un procès-verbal. La machine policière s’est mise illico en branle. Et une semaine plus tard, M. Benchicou sera recherché. Le 26 août, il a été entendu par la police et a été accusé de « transfert illégal de capitaux ». Le motif est qu’il a voyagé avec des bons de caisse anonymes. Le même jour, Sid Ali Lebib, directeur général des Douanes, a adressé une correspondance au chef du gouvernement dans laquelle il demandait d’annuler les poursuites, car il n’y a pas eu d’infraction. Aussi, le syndicat des douanes a dénié les poursuites judiciaires contre Benchicou. Mais rien n’a pu freiner la machine policière. Une plainte a été déposée par le ministère des Finances, le 29 août, soit le jour même où Benchicou a été auditionné. La justice l’a mis ensuite sous contrôle judiciaire. Lors du procès, la défense de Benchicou a relevé plusieurs vices de forme, mais aussi de procédure. D’abord, aucun PV de constatation n’a été établi par les policiers qui l’ont interpellé à l’aéroport. Ensuite, le ministère des Finances, de par le pouvoir répressif que lui confère la loi, n’a aucunement le droit de se constituer partie civile. Les avocats ont attesté ainsi que l’affaire a été « montée de toute pièce ». Car Benchicou n’a commis aucune infraction. Ils ont démontré, toujours lors du procès, que le PV de la police a été antidaté. Pis, le PV a été transmis au procureur de la République au lieu du ministère des Finances. Aussi, les témoins (les policiers qui l’ont interpellé à l’aéroport) ont avoué que c’est la première fois depuis l’indépendance que la PAF interpelle une personne pour une affaire de bons de caisse et qu’ils ne savaient pas que voyager avec des bons de caisse constitue une infraction vis-à-vis de la réglementation de transfert de capitaux. Les avocats de la défense ont relevé plein d’autres anomalies, ce qui a appuyé leur ferme conviction qu’il s’agissait d’une « cabale judiciaire » montée pour jeter en prison Benchicou. Qu’est-ce qui pouvait motiver le pouvoir à vouloir emprisonner Benchicou ? Ses écrits, la ligne choisie par son journal et surtout le livre qu’il a sorti sur le Président : Bouteflika : une imposture algérienne. « Toute cette cabale judiciaire a été montée parce que Benchicou est en désaccord avec la politique de Bouteflika », a clamé maître Bergheul, le jour du procès. Beaucoup d’encre a coulé sur cette affaire. Mais le pouvoir n’a pas tardé à dévoiler ses véritables raisons de la condamnation de Benchicou qui ne sont autres que celles de vouloir museler la presse indépendante. Cette volonté s’est confirmée, par la suite, à travers l’acharnement contre les journalistes qui s’en est suivi. Les avocats de la défense de Benchicou demeurent convaincus de l’instrumentalisation de la justice à « des fins revanchardes ». D’ailleurs, ni le procès en appel du 11 août 2004 ni la demande de mise en liberté conditionnelle examinée le 20 avril 2005 n’ont abouti à « briser » les chaînes de Benchicou et le faire sortir de son cachot à la maison d’arrêt d’El Harrach. Et ce, en dépit des rapports du médecin de la prison qui ont indiqué qu’il est gravement malade et risque une paralysie de sa main droite. Même en prison, Mohamed Benchicou n’a pas échappé aux tracasseries judiciaires. Il a comparu près de 30 fois devant le tribunal et la cour d’Alger pour s’expliquer sur ses écrits, mais aussi sur des articles parus dans son journal Le Matin, fermé en juillet 2004. Il a écopé de plusieurs peines de prison ferme.La semaine dernière, lors d’un procès en appel l’opposant au ministère de la Défense nationale, le parquet a requis deux ans de prison ferme pour diffamation. Le verdict sera d’ailleurs prononcé aujourd’hui par la cour d’Alger. A noter que Benchicou a cinq mois de prison ferme dans deux procès différents. C’est dire que le pouvoir n’est pas près de lâcher prise.

Mokrane AÏT-OUARABI

 

 © El Watan du 26 octobre 2005

Le Collectif pour la liberté de la presse en Algérie



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