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Affaire Benchicou : L'arbitraire

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Liberté de la presse en Algérie


Notre solidarité agissante avec Mohamed Benchicou

Mohamed Benchicou

Quand une victime devient coupable

Mohamed Benchicou est-il un prisonnier d’opinion ou un simple détenu de droit commun? La question ne se pose même pas en Europe où l’on assiste à une accélération du mouvement de solidarité qui a pris forme dès l’incarcération du directeur du Matin.

La lettre ouverte d’un groupe de parlementaires socialistes français, adressée au président Abdelaziz Bouteflika, en est une preuve parmi d’autres. "Incarcéré depuis le 14 juin 2004, à la suite d’une condamnation à deux ans de prison pour "infraction à la loi régissant le contrôle des changes et des mouvements de capitaux", le journaliste et directeur du quotidien Le Matin Mohamed Benchicou s’est vu refuser le 20 avril dernier sa demande de remise en liberté pour raison de santé", précisent ces parlementaires qui dénoncent également les condamnations à des peines de prison ferme prononcées à l’encontre d’autres journalistes algériens. Cette lettre ouverte est suivie d’une pétition pour exiger la libération de Mohamed Benchicou, la relaxe et l’arrêt des poursuites contre les journalistes et les directeurs de journaux condamnés le 25 avril dernier ainsi que la révision du code pénal et du code de l’information qui "prévoient des délits de presse incompatibles avec l’exercice de la liberté d’expression". L’initiative du comité de soutien en Allemagne pour les journalistes algériens, qui consiste à faire réagir les syndicats de journalistes de ce pays sur l’incarcération de Benchicou, s’étend aujourd’hui aux principaux partis politiques européens. Une initiative de sensibilisation qui a porté ses fruits puisque le cas Benchicou a été soulevé lors du passage de Farouk Ksentini et de Ahmed Ben Bella devant le Parlement européen. De leur côté, le Rassemblement pour une Algérie progressiste et Radio Galère organiseront, le 7 mai prochain, un gala de solidarité avec le directeur du Matin et l’ensemble de la corporation journalistique algérienne. Un débat sur la situation de la presse en Algérie sera animé à cette occasion par le journaliste Arezki Metref. Mais qu’en est-il du soutien à Mohamed Benchicou ici même en Algérie. Mis à part les actions du Comité Benchicou pour les libertés, qui consistent, entre autres, à faire acte de présence au tribunal d’Alger lors des audiences hebdomadaires, le mouvement de solidarité est quasi inexistant. La famille de la presse qu’elle soit indépendante, pro-pouvoir ou publiquesemble ne pas se soucier du devenir de Benchicou. L’argument avancé, et qui est celui des autorités algériennes, est que Mohamed Benchicou a été condamné pour un délit économique. La corporation affiche un civisme puritain pour s’éviter de défendre Benchicou et échapper, ainsi, aux foudres des tenants actuels du pouvoir. Ceux qui croient et qui défendent publiquement l’innocence du directeur du Matin sont très peu nombreux en ces temps de normalisation. Une situation qui ouvre la voie à de bien curieuses initiatives. En effet, le FLN de Abdelaziz Belkhadem célébrera, demain 3 mai, la Journée mondiale de la liberté de la presse. Une occasion que ce parti fêtera en grande pompe au Centre international de presse. Le CIP où Abdelaziz Belkhadem avait annoncé, il y de cela une semaine, que Mohamed Benchicou n’est pas un détenu d’opinion. "Il est inexact de dire que Mohamed Benchicou est emprisonné pour délit d’opinion puisqu’il n’a jamais été poursuivi pour ses écrits", a-t- il lancé du haut de la tribune du Forum d’un quotidien pro-pouvoir dont le directeur a lui-même été condamné à deux mois de prison ferme.

Tarek HAFID

 

© Le Soir d'Algérie  du 2 mai 2005

Le Collectif pour la liberté de la presse en Algérie



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