L'Observatoire
pour la liberté de presse, d'édition et
de création (OLPEC) exprime ses plus vives préoccupations
quant aux nouvelles inquiétantes qui nous proviennent
de l'Algérie sur la répression des journalistes.
Un moment réputée
comme la plus libre du Maghreb, la presse algérienne
est en train de subir une forme de bâillonnement,
suivant en cela le modèle affligeant de la presse
tunisienne. Il est triste
de constater que c'est l'institution judiciaire qui
est instrumentalisée pour opérer cette
tentative de musellement.
Le
24 mai courant, l'ancien directeur de la rédaction
du quotidien Liberté,
Farid Alilat,
a été condamné à une peine
d'un an de prison ferme par contumace et à une
amende de 100 000 dinars algériens (environ 1100
euros). Le célèbre caricaturiste
Ali Dilem a été
quant à lui condamné à payer une
amende de 50 000 DA pour la publication d'une série
de caricatures et d'une chronique en 2003, considérées
comme des "offenses au chef de l'Etat".
Le
17 mai, le directeur de publication du quotidien
Le Soir d'Algérie,
Fouad Boughanem et le chroniqueur
Hakim Laâlam ont été
condamnés à deux mois de prison ferme
et à une amende de 250 000 DA pour diffamation.
Les
journalistes du quotidien Le
Matin, Abla Cherif
et Hassane Zerrouky,
avaient été condamnés, le 20 avril
dernier à deux mois de prison ferme, tandis que
Youssef Rezzoug et
Yasmine Ferroukhi, écopaient
de trois mois. Le même jour, Mohammed
Benchicou, qui purge déjà
une peine de deux ans de prison ferme depuis le 14 juin
2004, était condamné à une nouvelle
peine de cinq mois de prison.
Cette
saga des procès contre la presse avait démarré
en juillet 2004, avec l'emprisonnement de deux journalistes,
Hafnaoui Ghoul,
et Mohamed Benchicou.
Cette
vague de répression est accompagnée par
une mesure instituant de fait le monopole de la publicité
institutionnelle, désormais assuré
par l'Entreprise Nationale de Communication, d'Edition
et de Publicité (ANEP). Une telle mesure avait
déjà montré son efficacité
en Tunisie dans l'éradication de la presse indépendante
par voie d'étouffement économique.
L'OLPEC
Regrette qu'au moment où la peine corporelle
pour les délits de presse est abrogée
dans la plupart des législations du monde,
l'Algérie qui était pionnière
en matière de liberté de presse, y
recoure aujourd'hui.
Appelle les
autorités publiques à définir
de façon claire le délit de diffamation
et à ne pas faire d'amalgame avec l'impertinence
de la presse qui est une manifestation de liberté
et les invite à ne pas utiliser la justice
pour soumettre la presse indépendante.
Exprime sa
solidarité avec les journalistes en butte
à la répression.
Demande la
levée de toute tutelle sur la presse et la
libération des journalistes emprisonnés
ainsi que l'arrêt des poursuites pour délit
de presse contre tous les journalistes.
Pour l'OLPEC,
la secrétaire générale,
Sihem
BENSEDRINE
sbensedrine@yahoo.com |
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