Placide, résolu
et la mine joviale, Mohamed Benchicou, directeur du
Matin a grandement surpris ses avocats (Me Bénarbia,
Me Bourayou, Me Meziane, Me Miloud Brahimi, Me Messaoudi,
Me Bergeul, Me Mellal) qui lui ont rendu visite, jeudi
dernier, à la prison et qui pensaient trouver
en lui une personne fatiguée ou abattue :
“Il va bien. Il est encore en meilleure forme psychologique
qu’au premier jour de sa détention”, relèvera
Me Ali Meziane avec assurance.
À ce propos
et si selon Me Khaled Bourayou, le directeur de la publication
du Matin “a un moral d’acier car il sait qu’il est innocent
et il affronte l’épreuve de son emprisonnement
avec courage”, aux yeux de Me Miloud Brahimi, le patron
du Matin “a le moral d’une personne qui sait qu’elle
est innocente et qui refuse de céder au découragement”.
Autre argument plaidant en faveur du bon moral de Benchicou :
“Il est beaucoup plus préoccupé par le
cas Hafnaoui que par son propre cas”, expliquera Me
Khaled Bourayou, tout en expliquant que le directeur
du Matin “s’inquiète beaucoup de l’état
de santé du correspondant de Djelfa à
propos duquel il n’a pas arrêté de poser
des questions”.
La bonne santé
morale de Mohamed Benchicou est intimement liée
à l’important élan de solidarité
et à la mobilisation de la corporation de la
presse tant au niveau national qu’ international ainsi
que de la société civile autour de l’exigence
de sa libération, et de celle de Hafnaoui Ghoul,
le correspondant de Djelfa. “Cette importante mobilisation
qui s’est constituée autour de sa détention
tant au plan national qu’international lui donne du
baume au cœur”, explique à ce propos Me Ali Meziane.
Me Miloud Brahimi insistera de son côté
sur le fait que Benchicou “compte sur la mobilisation
nationale et internationale pour mettre fin au fait
du prince et à cette décision injuste
dont il est victime”.
Le collectif
d’avocats, qui s’est constitué pour défendre
le directeur du Matin et qui lui a rendu visite jeudi,
s’est concerté avec lui, par ailleurs, autour
de l’appel et la nécessité de mener à
bien l’affaire au plan juridique. “On persiste et signe
tant sur la nullité de la procédure tant
au plan de la forme qu’au plan du fond ainsi que sur
l’inexistence d’infraction dans la détention
des bons de caisse par le directeur du Matin”, expliquera
Me Ali Meziane. Argument à l’appui, il affirmera
que le patron du Matin “n’a jamais transféré
illégalement de capitaux et il a été
amplement démontré devant le tribunal
qu’il n’y a pas eu d’infraction”. Aux yeux de Me Meziane
“le jugement de Benchicou a été décidé
pour faire taire la presse dans le cadre d’une politique
globale visant au musellement de toute libre expression”.
Ce faisant, Me
Miloud Brahimi se dit optimiste quant à l’issue
du jugement en appel de l’affaire par la cour d’Alger :
“C’est un bon présage d’entendre le ministre
de la Justice dire à propos du jugement de Mohamed
Benchicou qu’il n’est pas définitif et que le
directeur du Matin reste sous la protection de la loi”.
Aussi et tout en soulignant qu’il “prend au mot le ministre
de la Justice dans tout ce qu’il dit”, Me Miloud Brahimi
en déduit que “cela laisse espérer que
la cour d’appel sera plus lucide (que le tribunal),
car il s’agit bel et bien d’une infraction à
la carte ex nihilo pour les besoins de la cause que
tout le monde sait”. En définitive, Me Brahimi
pense que le procès de Benchicou représente
“le procès-test”. Et pour cause, “à partir
de ce procès, on saura si le pays pourra rebondir
dans la bonne direction ou régresser davantage”.
Naïma
DJEKHAR
Le Forum des
libertés est né et appelle à un
débrayage d'une heure, lundi prochain...
Au terme d’une
réunion tenue jeudi dernier, au siège
régional du quotidien Le Matin, à Béjaïa,
il a été procédé à
la création d’un mouvement citoyen dénommé
“le Forum des libertés”, dont l’objectif principal
est de défendre toutes les libertés démocratiques.
Outre le collectif
des journalistes de la wilaya de Béjaïa,
des avocats, des syndicalistes, des artistes, des intellectuels
et autres militants des droits de l’Homme ont pris part
à cette première rencontre ayant donné
naissance à cette nouvelle organisation qui reste
ouverte à toute personne physique ou morale s’inscrivant
dans les mêmes valeurs démocratiques.
Afin d’interpeller
la conscience des citoyens de la région sur le
danger qui menace la liberté d’expression en
Algérie, le Forum des libertés appelle
à un débrayage d’une heure, de 10 à
11h, le lundi 21 juin prochain, et ce, en guise de soutien
à la presse indépendante et aux journalistes
incarcérés. |
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