Une
résolution demandant "la libération
sans délai des journalistes emprisonnés"
a été adoptée, jeudi dernier, par
le Parlement. Tandis que l’accord d’association signé
en avril 2002 entre les deux parties entame bientôt
sa phase d’exécution, le Parlement européen
(PE) vient, encore une fois, de rappeler Alger à
ses obligations de respect de “la liberté de
la presse”. Initiée par le député
communiste français, Francis Wurtz, un ami de
l’Algérie, qu’il a déjà visitée
en 1998 à la tête d’une délégation
du PCF pour marquer sa solidarité avec les Algériens
dans leur lutte contre l’islamisme, également
président du groupe confédéral
de la Gauche unitaire européenne/Gauche verte
nordique du PE et membre de la commission des Affaires
étrangères, une résolution sur
la liberté de la presse en Algérie a été
acceptée et adoptée par le Parlement européen,
jeudi dernier.
Dans cette
résolution, les eurodéputés ont
demandé aux autorités algériennes
la libération “sans délai” des journalistes
condamnés à des peines de prison pour
diffamation et d’œuvrer pour le plein respect de la
liberté de la presse. Tout comme ils ont demandé
de “mettre fin à l'acharnement judiciaire vis-à-vis
des médias privés algériens pour
délit d'opinion”. Dans le même texte, les
eurodéputés ont notamment évoqué
le cas des journalistes du quotidien Le Matin condamnés
récemment à des peines de prison allant
de deux à trois mois de prison ferme, dont le
directeur Mohamed Benchicou — qui va boucler dans trois
jours une année en prison —, et les procédures
judiciaires engagées à l’encontre de certains
journalistes des quotidiens El Watan, Liberté
et Le Soir d’Algérie. Mais au-delà de
cette demande de libération des journalistes,
“sans délai”, faut-il sans doute le préciser,
la résolution vaut aussi pour ce qu’elle charrie
comme exigence à Alger pour l’élaboration
d’un nouveau cadre juridique approprié pour la
garantie des droits fondamentaux, particulièrement
le respect de la liberté de la presse. Dans ce
contexte, les eurodéputés ont invité
les autorités à “mettre en œuvre sans
délai des mesures législatives permettant
le plus grand respect des droits fondamentaux, et notamment
le plein respect de la liberté de la presse,
et ce conformément aux accords et pactes internationaux
auxquels l'Algérie est partie prenante”, non
sans rappeler la nécessité de la dépénalisation
du délit de presse. Et la référence
aux accords et pactes internationaux n’est pas fortuite
: le PE a clairement rappelé à Alger que
l’accord d’association stipule dans son article 2 que
le respect des principes démocratiques et des
droits fondamentaux inspire les politiques internes
et internationales des parties et constitue un élément
essentiel de l’accord. C’est dire que par certains aspects,
la résolution s’apparente à “des pressions”.
D’ailleurs le PE n’a pas manqué d’inviter le
conseil et la commission “à mettre en œuvre des
mécanismes clairs pour une évaluation
régulière du respect de l’article 2 de
l’accord d’association par toutes les parties à
cet accord, ainsi que par le Parlement européen,
par l’APN et par la société civile algérienne”.
Sur un autre plan, il a invité la présidence
du Royaume-Uni à réunir le conseil d’association
UE-Algérie pour relancer le débat politique
entre les deux parties et à inscrire la question
de la liberté de la presse à l’ordre du
jour. Un point également qui devra figurer au
centre de la réunion interparlementaire pour
les relations avec les pays du Maghreb. Tout comme il
invite également la commission à promouvoir
les programmes pour le renforcement des médias
indépendants. Enfin, le PE a chargé son
président de transmettre la résolution
au gouvernement algérien et à l’APN. Par
ailleurs, il considère que la levée de
l’état d’urgence contribuerait au développement
de l’état de droit et au respect des dispositions
de l’article 2 de l’accord d’association. Reste maintenant
à savoir qu’elle serait la réponse d’Alger.
Karim
KEBIR |
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