L’incarcération
et les conditions de détention de Mohamed Benchicou
condamné à deux ans de prison ferme et
détenu à la prison d’El-Harrach depuis
le 14 juin dernier ont fait l’objet d’une lettre que
le président du Parlement européen vient
d’adresser à notre ambassadeur à Bruxelles,
avons-nous appris hier de sources sûres. Dans
sa missive Josep Borrell Fontelles a invité Halim
Benattallah à lui communiquer des informations
sur le cas de Mohamed Benchicou.
Et ce en "vue
du dialogue politique dans le cadre d’association entre
l’Algérie et l’Union européenne",
précise l’Espagnol, élu en juillet dernier
président du Parlement européen qui fait
état des informations qui lui parviennent d’organisations
non gouvernementales sur le harcèlement judiciaire
et policier de la presse en Algérie. Le président
de l’UE s’interroge sur "les conditions de détention
de plusieurs journalistes algériens emprisonnés
pour avoir critiqué des personnalités
politiques algériennes, notamment le président".
Pour rappel les députés européens
ont été appelés par des parlementaires
du Parti socialiste français à signer
la lettre adressée au président Abdelaziz
Bouteflika. Pétition dans laquelle il est fait
état de la situation inquiétante de la
presse en Algérie et de l’état de santé
préoccupant de Mohamed Benchicou, qui a vu le
20 avril dernier sa demande de mise en liberté
provisoire pour raison de santé rejetée
par la cour d’appel d’Alger. Sur ce même sujet,
le ministre français des Affaires étrangères
a indiqué dans une lettre adressée à
deux sénatrices communistes qu’il se "tenait
étroitement informé de la situation et
de l’état de santé de Mohamed Benchicou,
directeur du journal Le Matin et personnalité
respectée de ses pairs en Algérie et à
l’étranger". Michel Barnier a rappelé
à Eliane Assasi et Nicole Borvo que l’épouse
du journaliste incarcéré dont l’état
de santé est critique a été récemment
reçue au Quai d’Orsay par ses collaborateurs.
Le ministre des Affaires étrangères français
s’est dit pour "continuer à plaider, sans
ingérence, pour qu’un climat de responsabilité
et de sérénité permette à
la presse algérienne, malgré les conditions
difficiles, de poursuivre normalement et librement le
développement de sa mission". Un principe
que défend également Reporters sans frontières
qui a décidé de faire du 14 juin, date
à laquelle Mohamed Benchicou bouclera une année
de détention, une journée de solidarité
avec la presse algérienne. La Fédération
internationale des journalistes (FIJ) a appelé
les syndicats de journalistes à organiser des
rassemblements devant les ambassades d’Algérie
à l’étranger. Pour rappel, plusieurs manifestations
ont été organisées en Europe, plus
particulièrement en France pour dénoncer
le harcèlement de la presse en Algérie
et exiger la libération de Mohamed Benchicou
dont le journal est suspendu depuis le 23 juillet dernier
et qui le 19 avril dernier a été condamné,
ainsi que quatre journalistes du Matinà 2 et
3 mois de prison ferme pour diffamation.
Saïda
AZZOUZ |
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