Reporters
sans frontières est indignée par le verdict
du procès en appel de Mohammed Benchicou, directeur
du Matin, qui a confirmé, le 11 août, la
peine de deux ans de prison prononcée par le
tribunal de première instance d'Alger. "
Le pouvoir fait payer à Mohammed Benchicou le
prix fort de sa liberté de parole", a déclaré
Robert Ménard, secrétaire général
de Reporters sans frontières.
Reporters sans
frontières est indignée par le verdict
du procès en appel de Mohammed Benchicou, directeur
du Matin (suspendu), qui a confirmé, le 11 août
2004, la peine de deux ans de prison prononcée
par le tribunal de première instance d'Alger.
" Le pouvoir
fait payer à Mohammed Benchicou le prix fort
de sa liberté de parole. Avec ce verdict inique,
le président Bouteflika montre qu'il ne tolère
pas qu'on s'attaque à lui, lançant la
machine judiciaire aux trousses des journalistes qui
osent encore le critiquer. Durant ces dernières
semaines, les atteintes à la liberté de
la presse ont augmenté de façon vertigineuse
en Algérie et les peines de prison pour les journalistes
ont été confirmées en appel, voire
aggravées, comme dans le cas d'Hafnaoui Ghoul",
a déclaré Robert Ménard, secrétaire
général de Reporters sans frontières.
Mohammed Benchicou
a été condamné, le 14 juin dernier,
pour " infraction à la législation
sur les mouvements des capitaux " et a été
incarcéré sur le champ. Il avait été
interpellé à l'aéroport d'Alger,
le 23 août 2003, en possession d'un reçu
bancaire (bon de caisse), portant sur une forte somme
d'argent et libellé en dinars. Les avocats de
Mohammed Benchicou ont insisté sur le fait que
ce reçu ne signifiait en aucun cas le transport
et le mouvement de capitaux, puisqu'il ne s'agissait
ni de devises, ni de liquidité, mais bien d'un
document sans valeur fiduciaire, et uniquement encaissable,
en dinars, auprès de sa banque. Pour eux, cette
condamnation n'a aucun fondement juridique. A l'annonce
du verdict du procès, les avocats ont décidé
de se pourvoir en cassation.
Depuis un an,
le directeur du Matin et nombre de journalistes de la
presse privée algérienne sont la cible
d'un harcèlement judiciaire sans relâche,
recevant convocations sur convocations, suite à
des plaintes pour diffamation émanant du pouvoir.
En février 2004, Mohammed Benchicou avait publié
un pamphlet intitulé " Bouteflika, une imposture
algérienne ", à l'heure où
la campagne présidentielle battait son plein.
Le 26 juin dernier,
le siège du Matin a été vendu aux
enchères suite à un redressement fiscal.
Le quotidien a ensuite été contraint d'arrêter
sa parution, le 24 juillet, sous la pression d'une imprimerie
d'Etat qui réclamait le règlement de ses
dettes. Depuis plusieurs jours, le site Internet du
quotidien n'affiche plus qu'une page blanche.
Reporters sans frontières
défend les journalistes emprisonnés et
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le droit d'informer et d'être informé,
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