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Affaire Benchicou : L'arbitraire

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Liberté de la presse en Algérie


Notre solidarité agissante avec Mohamed Benchicou

Des journalistes poursuivis en justice et deux quotidiens soumis à des retards d'impression

Le 17 décembre, des journalistes des quotidiens Liberté et Le Matin ont comparu devant le tribunal d'Alger suite à des plaintes du ministère de la Défense. Le lendemain, Liberté n'a pu être publié suite à des "problèmes techniques" invoqués par la Société d'Impression d'Alger (SIA, publique). Reporters sans frontières s'inquiète, une fois de plus, des plaintes émanant du ministère de la Défense contre des journalistes et craint qu'elles n'aient pour conséquence de renforcer l'autocensure au sein des rédactions. Par ailleurs, l'organisation demande à la SIA de fournir des explications quant aux difficultés que rencontrent certains titres pour être imprimés dans les délais requis.

Le 17 décembre, Ali Dilem, caricaturiste du quotidien Liberté, a comparu devant le tribunal d'Alger suite à une plainte du ministère de la Défense pour un dessin paru le 16 janvier 2002 sur l'assassinat du président Boudiaf. A l'issue de l'audience, le procureur de la République a requis une amende de 40 000 dinars (environ 500 euros) contre le caricaturiste et 1,4 million de dinars (environ 17 000 euros) contre le quotidien. Le jugement a été mis en délibéré au 31 décembre. Depuis que le caricaturiste Chawki Amari avait été condamné à une peine de prison en 1996, aucun caricaturiste n'avait été assigné en justice en Algérie. Le même jour, comparaissait Mohamed Benchicou, directeur du quotidien Le Matin, suite à la publication de six chroniques du journaliste Sid Ahmed Semiane, dit S.A.S., jugées diffamatoires par le ministère de la Défense. Le ministère public a requis six fois 1, 4 millions de dinars (environ 100 000 euros) contre Le Matin. Le verdict sera rendu le 31 décembre.

Le 18 décembre, alors que le quotidien Liberté n'était toujours pas sur les rotatives à 5 heures du matin, la direction du journal a pris la décision de ne pas tirer l'édition du jour qui aurait alors été distribuée trop tard. Joint par Reporters sans frontières, le rédacteur en chef de Liberté, Salim Tamani, a expliqué que depuis près d'un mois, le journal est imprimé de plus en plus tard par la SIA, ce qui a entraîné de lourdes pertes financières. "Le journal n'ayant aucune dette auprès de l'imprimerie, il est clair que c'est une décision politique", a-t-il expliqué à l'organisation. Ces dernières semaines, un autre quotidien, L'Actualité, a rencontré les mêmes difficultés. Contacté par l'organisation, Amine Esseghir, le directeur de la rédaction, a déclaré que "le journal n'a pas pu être imprimé dans les temps à quatre reprises en l'espace de deux semaines. C'est d'autant plus inexplicable que nous payons rubis sur l'ongle ce que l'on doit à cette imprimerie". "La rotative de la dernière technologie récemment acquise ne cesse de tomber en panne, du moins pour certains titres mais pas pour d'autres", précisait un communiqué diffusé par le journal.

Reporters sans frontières défend les journalistes emprisonnés et la liberté de la presse dans le monde, c'est-à-dire le droit d'informer et d'être informé, conformément à l'article 19 de la Déclaration universelle des droits de l'homme. Reporters sans frontières compte neuf sections nationales (Allemagne, Autriche, Belgique, Espagne, France, Grande-Bretagne, Italie, Suède et Suisse), des représentations à Abidjan, Bangkok, Buenos Aires, Istanbul, Montréal, Moscou, New York, Tokyo et Washington, et plus de cent correspondants dans le monde.

 

© RSF / IFEX, 18 décembre 2002

Le Collectif pour la liberté de la presse en Algérie



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