Mohamed Benchicou
devant le juge des libertés le 20 avril 2005
Le
20 avril prochain, Mohamed Benchicou,
directeur du quotidien Le Matin,
brutalement incarcéré le 14 juin 2004
après une mascarade
de procès à l’issue de laquelle
il a été condamné à deux
ans de prison pour un délit fictif, sera présenté
au juge chargé d'examiner la demande de mise
en liberté pour raisons de santé introduite
par ses avocats. Ces derniers ont agi suite à
la requête du médecin de la prison, lui-même,
alarmé par l'évolution de l'état
de santé du détenu d'opinion emprisonné
depuis bientôt un an dans un établissement
pénitentiaire.
Souffrant
d’un début d’arthrose au moment de son procès,
Mohamed Benchicou,
a dû renoncer de fait aux soins spécialisés
qu'il recevait dans un hôpital d'Alger, ce qui
a eu pour effet d'aggraver sa maladie.
Diminué
et Affaibli par dix mois d'une détention extrêmement
dure, il s’est vu refuser, en dépit de ses demandes
répétées, et sans aucune explication,
l’autorisation d’accéder au traitement neurochirurgical
exigé par sa maladie, sachant que cette autorisation
est régulièrement accordée aux autres détenus.
Or,
le dossier médical constitué par le médecin
de la prison, à l’appui de sa demande, et transmis
aux autorités judiciaires, établit un
diagnostic des plus pessimistes : non seulement Mohamed
Benchicou risque une hémiplégie
du bras droit, mais il est à craindre également
que faute de prise en charge spécialisée
urgente, la lésion gagne les autres membres et
provoque des dégâts irréversibles
sur sa mobilité et sur ses fonctions respiratoires.
En guise de réponse à ces instances répétées
au fil des mois, le parquet aurait désigné
un spécialiste chargé de l’examiner en
prison mais, à ce jour, il ne s’est pas encore
présenté.
De
toute évidence, alors qu’il a été
au cours de ces derniers mois extrait à 24 reprises
de sa cellule, qu’il partage avec une cinquantaine d’autres
détenus, pour être
présenté
devant le juge, Mohamed Benchicou continue de subir
le régime d'exception que les autorités
algériennes lui appliquent depuis son procès
du 14 juin 2004. Force est de constater qu’après
sa condamnation arbitraire et son incarcération
abusive, l'inflexibilité et la discrimination
dont il est la victime en matière de prise en
charge médicale, constituent une nouvelle violation
de ses droits humains et une autre forme de déni
de justice.
Il
est évident qu'à cet égard, la
décision du juge à l'audience du 20 avril
constituera un nouveau test pour la justice algérienne,
pour son fonctionnement et son indépendance.
Nous sommes conscients que seul un système judiciaire
et des magistrats, enfin affranchis de toutes tutelles,
pourront statuer sur le cas de Mohamed Benchicou
en toute sérénité et ainsi juger
en toute conscience et selon la loi.
Nous osons espérer
que l'injustice commise à son
égard trouve un dénouement apaisant dans sa libération
sans conditions. Seule la réparation de cette
injustice rendra un peu de crédibilité
à une justice qui l'a, de longue date, dilapidée.
Pour
l'heure, nous sommes déterminés à
agir tous ensemble pour mettre fin au traitement judiciaire
d’exception que subit le journaliste Mohamed
Benchicou. Nous continuerons d’exiger
SA LIBERATION IMMEDIATE.
Paris,
le 12 avril 2005 |
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