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  LUCARNE  

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"Je me permets de t’interpeller, Ô Palestinien, moi le Kabyle dont la terre fût embrasée pendant un siècle et demi"

Quand j’étais jeune adolescent, lycéen à Miramar à côté de la Pointe Pescade, on avait un professeur de philosophie d’origine Syrienne. Il nous a fait un jour, un cours improvisé sur le patriotisme arabe. Il nous a donc longuement expliqué, lui le professeur de philosophie, comment les Européens déjà super puissants qui dominent le monde, continuent aujourd’hui de s’unir en une multitude d’unions et d’organisations en tout genres, alors que ‘’nous les Arabes’’ disait-il, faibles que nous sommes devant l’occident, continuons d’exceller dans la division, certains se disant Kabyles et d’autres Dieu seul sait quoi. Cette tentative consciente ou inconsciente de notre émérite professeur de philosophie de rendre responsables nommément les Kabyles des divisions et de l’incapacité des Arabes à se hisser au rang de nations civilisées a offusqué les jeunes lycéens que nous étions.

Je peux affirmer, maintenant que je suis adulte avec les capacités de relativiser, que les propos explosifs de notre professeur pour qui on éprouvait du respect, dépassent toutes les bombes que Gaza et tous les autres territoires Palestiniens ont reçu depuis 1948. J’aurais tellement préféré aujourd’hui être Palestinien de Gaza. La souffrance est incommensurable. Peut être qu’il n’existe pas encore de mots assez forts pour expliquer ce que les enfants, les femmes et les civils en général éprouvent comme désespérance face à ce qu’il est certainement permis d’appeler un génocide.
Oui j’aurais préféré vivre à Gaza, souffrir l’innommable, être Palestinien sans patrie, sans état, sans papiers d’identité mais dont le monde sait l’existence, dont le monde sait….l’identité Arabe. Je me permets de t’interpeller Oh Palestinien, moi le Kabyle dont la terre fût embrasée pendant un siècle et demi, moi le Kabyle dont la France a troublé la quiétude identitaire me contraignant en fin de mission civilisationnelle à une guerre jamais souhaitée. Je puis t’interpeller et te dire combien je te comprends, combien je respecte ta douleur. Je sais ta souffrance mais je ne pense pas que tu sois capable de comprendre la mienne, moi le Berbère, citoyen d’un état qui nie mon existence, moi le Berbère, citoyen d’un état Arabe. Mes grands parents ont été faits Français Musulmans, on m’a fait Arabo-musulman. Viens en Algérie, tu pourras y vivre, tes enfants iront à l’école apprendre ta langue, viens toi l’étranger en Algérie, dans mon pays qui m’a fait étranger.
Viens que je t’explique comment un état autoproclamé Arabe veut faire de moi, de mon corps, une carcasse dont la mission sera de transporter la culture des autres, ta culture. Le destin aurait pu faire de nous de bons amis, toi le Palestinien, l’apatride dont la culture est si bien protégée et moi l’Algérien, citoyen d’un grand pays mais dont la culture est persécutée qui n’existe que dans la conscience des gens. La culture au sens anthropologique et le corps au sens biologique réunissent chez l’humain le dualisme de notre univers. Les grandes religions du monde ont déclaré ‘’tu ne tueras point’’. Le monde aujourd’hui, frère Palestinien est troublé par la souffrance et la mort de ton peuple. Je continue, moi le Berbère, de mourir dans le silence. Je voudrais tellement comme toi que le monde apprenne ma mort.

AMZAL

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mardi 06 janvier 2009



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