29
ans après, que reste-t-il
de ce mouvement populaire bien
ou mal pris en charge par les
partis politiques après
1989, année de l’ouverture
du pluralisme politique ?
La revendication
identitaire amazigh, hier combattue
et ses initiateurs mis à
l’index, a été
parmi les thèmes débattus
par les candidats à la
dernière élection
présidentielle. À
chacun de tirer les marrons
du feu en faisant dans la surenchère.
Le fait et la vérité
historique reviennent à
son précurseur : l’écrivain
Mouloud Mammeri interdit de
donner une conférence
sur la poésie populaire
dans une enceinte qui porte
aujourd’hui son nom. C’est dire
qu’il est dangereux d’insulter
l’avenir car l’histoire finit,
dans la plupart des cas, par
avoir le dernier mot. Depuis
1980, le combat a été
long, très long. Ses
leaders ont connu la prison
et les difficiles conditions
de détention, mais à
chaque étape de ce cheminement,
le mouvement avait pris de l’ancrage
auprès de la population
qui a fini par y faire corps,
parce que convaincue de la justesse
et de la légitimité
de la revendication. D’abord,
l’enseignement de tamazight
à l’école et ensuite,
en 2001, la reconnaissance officielle
par l’état de cette langue.
La victoire, à chaque
étape, a été
arrachée, mais au prix
d’un lourd sacrifice en vies
humaines. Et comme les symboles
ne meurent jamais, le Président,
lors de son dernier passage
à Tizi Ouzou, a promis
d’accorder aux victimes le statut
de martyrs. Pouvait-il en faire
autrement puisqu’ils le sont
déjà dans les
cœurs et dans l’histoire à
écrire ? 29 ans après,
que reste-t-il de ce mouvement
populaire bien ou mal pris en
charge par les partis politiques
après 1989, année
de l’ouverture du pluralisme
politique ? Certains ont continué
la lutte qu’ils avaient entamée
encore étudiants en lui
donnant la force qui lui manquait
dans un cadre organisé,
d’autres s’en sont servi comme
d’un fonds de commerce à
chaque échéance
électorale. Le mouvement
des arouchs, spontané
à ses débuts,
a fini par sombrer dans des
palabres de commissions toujours
ouvertes, et sans résultats
probants. Le mouvement a 29
ans aujourd’hui, et il faut
dire qu’il a pu arracher le
primordial : l’enseignement
de tamazight à l’école,
puis le statut de tamazight
comme langue nationale et, dernièrement,
l’ouverture d’une chaîne
de télévision
thématique. Que l’on
se souvienne : le sommeil du
juste porte toujours ses fruits,
surtout quand ce sont ceux du
mois d’avril.
Outoudert
ABROUS |
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