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Tafsut n-imazighen / 2009

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Double commémoration du Printemps Amazigh / 20 avril 1980 - Avril 2001 - 20 avril 2009

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 Printemps berbère

29 ans après, que reste-t-il de ce mouvement populaire bien ou mal pris en charge par les partis politiques après 1989, année de l’ouverture du pluralisme politique ?

La revendication identitaire amazigh, hier combattue et ses initiateurs mis à l’index, a été parmi les thèmes débattus par les candidats à la dernière élection présidentielle. À chacun de tirer les marrons du feu en faisant dans la surenchère. Le fait et la vérité historique reviennent à son précurseur : l’écrivain Mouloud Mammeri interdit de donner une conférence sur la poésie populaire dans une enceinte qui porte aujourd’hui son nom. C’est dire qu’il est dangereux d’insulter l’avenir car l’histoire finit, dans la plupart des cas, par avoir le dernier mot.
Depuis 1980, le combat a été long, très long. Ses leaders ont connu la prison et les difficiles conditions de détention, mais à chaque étape de ce cheminement, le mouvement avait pris de l’ancrage auprès de la population qui a fini par y faire corps, parce que convaincue de la justesse et de la légitimité de la revendication. D’abord, l’enseignement de tamazight à l’école et ensuite, en 2001, la reconnaissance officielle par l’état de cette langue. La victoire, à chaque étape, a été arrachée, mais au prix d’un lourd sacrifice en vies humaines. Et comme les symboles ne meurent jamais, le Président, lors de son dernier passage à Tizi Ouzou, a promis d’accorder aux victimes le statut de martyrs. Pouvait-il en faire autrement puisqu’ils le sont déjà dans les cœurs et dans l’histoire à écrire ?
29 ans après, que reste-t-il de ce mouvement populaire bien ou mal pris en charge par les partis politiques après 1989, année de l’ouverture du pluralisme politique ? Certains ont continué la lutte qu’ils avaient entamée encore étudiants en lui donnant la force qui lui manquait dans un cadre organisé, d’autres s’en sont servi comme d’un fonds de commerce à chaque échéance électorale. Le mouvement des arouchs, spontané à ses débuts, a fini par sombrer dans des palabres de commissions toujours ouvertes, et sans résultats probants. Le mouvement a 29 ans aujourd’hui, et il faut dire qu’il a pu arracher le primordial : l’enseignement de tamazight à l’école, puis le statut de tamazight comme langue nationale et, dernièrement, l’ouverture d’une chaîne de télévision thématique. Que l’on se souvienne : le sommeil du juste porte toujours ses fruits, surtout quand ce sont ceux du mois d’avril.

Outoudert ABROUS

 

© Liberté du 18 avril 2009



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